Pendant longtemps, l’Espagne a été le refuge des Français d’extrême-droite, avec les vaincus de la Libération, la vague des partisans de l’Algérie française et de l’OAS ou les thuriféraires du franquisme. Quelques dizaines de milliers de personnes, qui oubliaient au soleil leurs illusions et leurs combats perdus. Une époque révolue. Aujourd’hui, la Péninsule est devenue une terre de conquête pour nos entreprises, et un hâvre de repos à base d’huile d’olive et d’espagnolades pour nos retraités. Aussi les votes des Français installés en Espagne, au premier tour de l’élection présidentielle, sont-ils tout à fait étonnants car contraires à ceux enregistrés sur le sol français.
C’est Ségolène qui remporte le pompon, avec 35,99 %, contre 35,40 % à Nicolas Sarközy, soit une différence de… 94 voix, devançant François Bayrou (17,3 %) et Jean-Marie Le Pen (3,98 %). Autres enseignements, la participation n’a été que de 32 %, puisque seulement 16.103 personnes, sur les 52.000 Français inscrits sur les listes électorales se sont rendus dans les isoloirs. Madame Royal faisant son nid à Barcelone (40,5 %), la région d’Espagne où les Français sont le plus nombreux (13.478), laissant son rival à 28,6 %.
En revanche, Sarközy l’emporte à Madrid et ses 12.610 votants, avec 39,3 %, Royal n’obtenant que 35,9 %. Barcelone et Madrid étant les villes ayant recueilli la meilleure participation, 41 %. Le candidat de l’UMP l’emporte également à Alicante, Palma de Majorque, Gérone et Malaga. C’est dans la capitale de la Costa del Sol qu’il recueille le plus de suffrages (48 %). Ségolène gagne à Bilbao (42 %), Valence, Tenerife, Grenade et Saragosse, où elle réalise son meilleur score (43 %).
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