Recommander

Texte libre

Pour vous inscrire à la newsletter hebdomadaire d'analyse et d'informations de Jean Chalvidant, n'oubliez pas, sur cette même page, à droite, de noter votre adresse e-mail.

Publicité

Samedi 8 avril 2006

Demain dimanche aura lieu le premier tour des élections présidentielles péruviennes, qui décideront du successeur d’Alejandro Toledo, élu il y a cinq ans et terminant son mandat avec une popularité de 16 % (comme quoi il n’y a pas qu’en France…) Seize millions de votants auront le choix entre vingt candidats, dont trois émergent de la masse.

 

À ma gauche, le militaire à la retraite et nationaliste Ollanta Humala, comptant sur le soutien du président vénézuélien Hugo Chávez ; au centre-gauche, le social-démocrate Alan García, ancien occupant calamiteux de la Casa de Pizarro de 1985 à 1990 et à ma droite la conservatrice Lourdes Flores, désireuse de créer un effet à la chilienne, avec l’élection de Bachelet.

 

Les sondages donnent Humala en tête avec 31 % des suffrages, suivi de Flores avec 26 % et de Garcia avec 23 %. Ce qui signifierait qu’aucun des trois ne sera président demain et que les deux restants devraient en découdre jusqu’au 7 mai, avec la victoire possible de Flores. Encore qu’il faille prendre en compte les 25 % d’indécis et les votes des zones du centre et du sud, très prolétaires, où Humala espère faire le plein et l’emporter au premier tour, à l’image d’Evo Morales en Bolivie.

 

Avec Humala, le risque d’un arc populiste et gauchiste regroupant Cuba, Venezuela, Bolivie et Pérou est désormais envisageable. Les excellents résultats économiques enregistrés à Lima (croissance de 7 % en 2005, déficit fiscal nul, inflation de 1,5 %) n’ont pas eu de répercussions bénéfiques sur la population. On sait que Humala vient d’une famille réputée comme « fasciste ». Ainsi son père Isaac a-t-il fondé l’ « ethnocacérisme », un mouvement ultranationaliste et xénophobe, opposé tout à la fois aux Ētats-Unis, au Chili et à Israël. La référence est empruntée à l’ancien président Andrés Avelino Cáceres, héros de la guerre contre le Chili de 1879 à 1883. Lui-même a en 2000 déclenché une émeute contre Fujimori (à l’imitation de Chávez et son coup d’Ētat manqué de 1992), montrant que l’homme est décidé.

 

Ses idées politiques, connues sous le nom exotique de « Llapanchik », sont la copie conforme de celles professées par Chávez : une assemblée constituante qui réformera le pays, le contrôle par l’Ētat des secteurs économiques stratégiques, tels que l’énergie, avec à la clef la révision des contrats avec les multinationales, l’opposition frontale au traité de libre commerce avec les USA et la lutte contre le trafic de drogue, sans pour autant pénaliser la culture de la coca. Une épine de plus dans le talon de George W. Bush.

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 8 avril 2006

Pour tous ceux qui souhaitent s'inscrire à ma Newsletter, merci de vous abonner dans cette même page, à droite. Il vous suffit, dans : Newsletter, de laisser votre adresse e-mail, et vous recevrez automatiquement, toutes les semaines, une analyse approfondie sur l'Espagne et/ou son actualité.

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 avril 2006

À 10h ce matin, le président Zapatero en personne a annoncé, après deux ans de mandat, son premier remaniement ministériel. Si le remplacement de María José San Segundo par Mercedes Cabrera Calvo-Sotelo (nièce de l'ancien président centriste) à la tête de l'Ēducation nationale n'appelle pas de commentaire particulier, il n'en va pas de même pour les deux autres changements.

 

 

Ainsi le titulaire de la Défense, le populiste José Bono a-t-il demandé à être déchargé de ses fonctions, ce qui ne trompe personne, car il s’était opposé à plusieurs reprises au nouveau statut de la Catalogne et voyait d’un mauvais œil la dérive républicaine et sectaire du gouvernement. L’événement est d’importance, car Bono est considéré comme le seul capable demain d’assurer la relève à gauche, si son chef de file s’effondre. Il sera remplacé par l’ancien titulaire de l’Intérieur, ami intime et frère en maçonnerie, José Antonio Alonso, jugé un peu court à l’heure d’entreprendre des négociations avec ETA.

 

 

Le grand bénéficiaire de ce mini chamboulement est sans conteste Alfredo Pérez Rubalcaba, jusqu’alors porte-parole du groupe parlementaire socialiste et surtout démineur en chef de Zapatero. C’est lui qui lors des événements d’Atocha en mars 2004 avait inventé le concept du « mensonge d’Etat » permettant au PSOE de remporter les élections, lui encore qui avait mené les conversations avec les parlementaires catalans. Sa nomination à ce ministère clef laisse à penser qu’il sera de ceux qui mèneront les conversations avec l’organisation basque. Son sens de la rhétorique, son souci de la précision, sa capacité d’aller à l’essentiel et surtout son intransigeance très dogmatique seront dans les semaines qui viennent d’une grande utilité à Zapatero.

 

 

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus