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Lundi 26 mars 2007

Il existe en Catalogne un parti atypique, républicain, nationaliste, séparatiste et provocateur, dénommé ERC, Esquerra Republicana de Catalunya. Une sorte de poil à gratter local. On a encore en mémoire les frasques de son président, Josep Lluis Carod-Rovira, rencontrant en janvier 2004 à Perpignan les deux chefs d’ETA Josu Ternera et Mikel Antza, afin d’obtenir de l’organisation qu’elle exempte la seule Catalogne de ses bombes. Ou encore sa visite officielle en Israël, lorsqu’il avait jugé rigolo de se couvrir le crâne d’une couronne d’épines, singeant le Christ, ce qui avait fait bondir tant les autorités locales que les catholiques espagnols et d’ailleurs.

Peu de différences idéologiques ou stratégiques entre ERC en Catalogne et Batasuna au Pays basque. Ou plutôt une, essentielle, ERC a de tous temps condamné la violence, ce que se refuse toujours à faire Batasuna, d’où son maintien jusqu’à présent dans l’illégalité. Mieux encore, Carod-Rovira est intervenu en personne pour mettre fin aux exactions du groupe clandestin séparatiste Terra Lliure, en juillet 1995. Aux élections catalanes de 2003, son bon score (16,47 %, 23 députés) lui permet de devenir le parti charnière pour gouverner la Catalogne. Grâce à son alliance avec les socialistes et les Verts, l’ERC entre au gouvernement local, et Carod en devient le Conseller en cap, le Premier ministre. Pour quelques semaines seulement, car la révélation de l’entrevue de Perpignan le force à remettre son mandat.

Les dernières élections de novembre 2006 (voir ma chronique du 3/11/06) allaient renouveler l’expérience : l’ERC avec 414.067 voix, soit 14,06 % et 21 sièges avait le choix de s’allier avec les nationalistes modérés de CiU, ou de repartir dans une même coalition avec le Parti socialiste catalan et ICV-Els Verts (un total de 70 %, la majorité absolue). C’est la deuxième option, celle de « l’Entesa » qui fut en définitive retenue. Mais l’ERC a l’impression d’être ligotée avec un président, l’Honorable José Montilla, qui n’est pas du genre à jouer les potiches. Le Parti socialiste, qu’il dirige depuis Madrid ou Barcelone n’entend guère partager la réalité du pouvoir, a fortiori avec des folkloriques.

C’est sans doute pourquoi le vice secrétaire d’ERC, Xavier Vendrell (voir ma chronique du 18/5/06) accessoirement l’un des anciens activistes du groupe terroriste Terra Lliure agissant en Catalogne de 1979 à 1991 (160 attentats, 1 seul mort) a-t-il fait sensation ce dimanche en offrant la Generalitat à CiU et à son président Artur Mas, si ce parti s’engage à lancer un référendum d’autodétermination. Une offre de changement d’alliance à 180°, ce qui en dit long des convictions d’ERC et de son opportunisme. Ce que l’un des leaders de l’Unió Democràtica de Catalunya (l’autre parti composant la coalition CiU), Josep Antoni Duran Leida, a qualifié de « blague » et même de « caleçonnade ». Il n’empêche : ce que ni ETA ni Batasuna ne réussissent à obtenir par des voies illégales, l’ERC donne des coups de boutoirs dans le cadre institutionnel en vue d’obtenir le même but : l’indépendance de leur territoire.

Une constatation d’évidence : ce sont 414.067 Catalans et 150.188 Basques (le total des voix réunies par les deux partis ouvertement séparatistes, ERC et PCTV), soit 564.255 indépendantistes, qui mettent en péril l’unité de l’Espagne et de ses 44 millions de citoyens. En pourcentage, si je sais compter de tête, cela nous donne 1,4 %. De quoi faire réfléchir et recentrer le débat, pas vrai ?

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Dimanche 25 mars 2007

Etant donné qu’il ne se passe rien de vraiment transcendant sur la Péninsule en ce moment,  autant éviter de se pencher sur la petite phrase vacharde de la semaine, avec le Citizen Kane espagnol, Jesús Polanco, accusant le PP de franquisme, ou Arnaldo Otegi posant devant un drapeau basque et l’étendard navarrais, après avoir été arrêté quelques heures puis blanchi par le Tribunal. Un nouveau geste de bonne volonté adressé vers ETA. Tout cela relève de la forme, pas du fond et n’irrite que les électeurs, qui se prononceront localement dans deux mois.

Bien plus intéressante est une nouvelle qui nous vient de loin, de Medellín, en Colombie. Depuis hier, les 400 millions d’hispanophones possèdent pour la première fois une grammaire commune incluant toutes les variétés de cette langue, de façon égalitaire. En termes simples, elle ne prend plus comme référence les formes de l’espagnol péninsulaire, mais les usages les plus utilisés du spectre linguistique. Une véritable révolution puisque la dernière édition de la « Gramática centrada en el español de la Península ibérica » remontait à… 1931.

Cette « Nueva Gramática de la lengua española » a été approuvée par les académies de 22 pays et adoubée par le Roi Juan Carlos en personne et en majesté. Dès septembre 2008, une version de base de 2.400 pages – beaucoup s’il faut apprendre tout ça par cœur - sera publiée. Heureusement, une version allégée de 400 pages sera mise en vente au même moment, tout comme une nouvelle grammaire panhispanique, éditée par Espasa-Calpe, qui comprendra 55 chapitres et quatre sections fondamentales : « questions générales », « phonétique et phonologie (avec un DVD pour bien prononcer), « morphologie » afin d’analyser la structure interne des mots, et « syntaxe » pour l’ordonnancement  et la combinaison des mots.

Les linguistes ont donc planché à partir de l’énorme base documentaire du Corpus Diacrónico de Española et du Corpus de référence de l’espagnol actuel qui, grâce à ses 500 millions d’entrées, constitue la base de données de la Real Academía Española.

L’autre décision de ce 13ème congrès de l’Association de l’Académie de la Langue espagnole concerne l’orthographe, qui sera elle aussi « modernisée », alors qu’une révision avait eu lieu en 1999. Il n’y avait donc pas urgence, mais on peut néanmoins s’attendre à tout. J’ai encore en mémoire les mots de l’inénarrable García Márquez, prononcés en 1998, lorsqu’il voulait envoyer l’orthographe à la retraite : « Jubilemos la ortografía, terror del ser humano desde la cuna: enterremos las haches rupestres, firmemos un tratado de límites entre la ge y jota, y pongamos más uso de razón en los acentos escritos, que al fin y al cabo nadie ha de leer lagrima donde diga lágrima ni confundirá revólver con revolver. »

Tout est donc parfait dans le meilleur des mondes linguistiques possibles. Pourquoi faut-il que j’aie tiqué en voyant la photo accompagnant l’information. Elle montre Juan Carlos à son arrivée à la gare de Medellin, flanqué d’un garde du corps aux aguets, pistolet mitrailleur ostensiblement sous le bras. Exactement la même posture que Salvador Allende assiégé au Palais de la Moneda. Allez, je vois le mal partout, je m’en retourne potasser ma grammaire !

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Mardi 20 mars 2007

Cette chronique est de plus en plus lue ; elle est d’ailleurs souvent reprise par Yahoo dans sa rubrique « monde » et provoque des réactions inattendues. La dernière en date est celle d’un lecteur du Pas-de-Calais, qui m’écrit : « Drôle de pays que cette Espagne que vous décrivez. À vous croire, tout est crispation et coups bas. Est-ce que vous n’exagérez pas un peu ? » Non, cher Sébastien, et j’aurais même tendance, dans mon éternel souci de prudence et d’impartialité, à ne pas relever les incessantes provocations émanant d’un côté comme de l’autre.

« Cette Espagne qui ne s’aime pas », titrais-je l’autre jour. Un nouvel exemple de cette crispation vient d’être administré avec un article du juge Baltasar Garzón publié aujourd’hui dans le quotidien El País à propos de la guerre d’Irak. Après avoir asséné que « 650.000 morts sont un argument suffisant pour mener une enquête », il conclue qu’il convient de s’interroger sur « l’éventuelle responsabilité pénale de ceux qui sont ou ont été responsables » de ce conflit. Ne cherchez pas, la cible est clairement désignée : José María Aznar va vivre des mois difficiles.

Au-delà des effets de manches du juge médiatique, toujours avide de publicité et n’hésitant pas à poursuivre d’anciens méchants estampillés, comme Augusto Pinochet, qu’il avait réussi à maintenir à résidence en Angleterre en 1998,durant cinq mois, on assiste à une véritable chasse aux sorcières concernant Aznar. Il faut dire que sa décision d’accompagner Bush et Blair dans l’aventure irakienne est imprésentable, même s’il a cru combattre le terrorisme en envoyant des troupes à Bagdad. Tant d’angélisme et d’amalgame à la tête du gouvernement est inquiétant. Les électeurs s’en sont souvenus en mars 2004, en renvoyant son parti dans l’opposition.

Le petit juge ne fait que chausser les patins d’Izquierda Unida, c’est-à-dire les communistes, qui par la voix de Gaspar Llamazares réclament depuis des mois qu’Aznar soit déféré devant la Cour de Justice de La Haye, pour crime de guerre… Il est vrai qu’en cette matière, les communistes en connaissent un brin, de Katyn à Budapest, en passant par Prague ou Pékin. Naturellement, José Blanco, le secrétaire à l’Organisation du PSOE, en fait son porte parole, estime qu’Aznar devrait effectivement y répondre de sa décision. Grave, et irresponsable, tout ça.

Vous trouvez toujours, Sébastien, que j’exagère ? Que dirait-on si l’on décidait de juger Mitterrand pour l’envoi de troupes au Liban, qu’on l’estimait responsable de la mort à Beyrouth dans l’immeuble du Drakkar de nos 58 parachutistes du 1er RCP ? Ou Chirac pour l’expédition en Centrafrique, avec tous les effets collatéraux qu’elle a engendré (72 morts africains du 24 novembre au 10 décembre 2006) ? Le fait de se protéger derrière la bannière des Nations Unies ne change rien à l’affaire. Mais en Espagne, les politiques ne respectent plus rien : la droite traite Zapatero d’irresponsable et lui dénie la moindre considération. La gauche traite le PP de repaire de fascistes, ou plutôt de franquistes, ce qui dans son imagerie signifie la même chose.

Tout cela ne fait pas avancer le schmilblick. La différence par rapport au temps passé, c’est qu’auparavant, l’Espagne lavait son linge sale en famille. Elle veut maintenant le faire à La Haye. Tout cela manque singulièrement de dignité !

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Lundi 19 mars 2007

Et pendant ce temps, dans une indifférence relative, se déroule toujours le procès de l’attentat du 11 mars 2004, le 11-M. Dire qu’on apprend grand-chose serait emphatique ; tout au plus l’interrogatoire des prévenus, celui des témoins, des intervenants, permettent-ils de préciser certaines situations et d’obtenir quelques certitudes. Quoique l’ensemble reste toujours très flou, on en apprend tout de même de belles.

Ainsi la barraque où furent planifié le complot et assemblés les explosifs, à Morata de Tajuña, fut contrôlée par l’Unité centrale des renseignements extérieurs (UCIE) de la Police dès septembre 2002. Ainsi l’un des suicidés de Leganés, dit « le Tunisien » avait-il dès cette époque attiré l’attention des services. Ainsi le mineur Trashorras et Rafa Zouhier, impliqués dans le vol des explosifs dans les Asturies, étaient-ils des indicateurs habituels de la Garde civile, à qui ils n’avaient rien dit de leurs petits trafics. Ainsi Jamal Zougam, l’un des auteurs matériels du forfait, avait été placé sous la loupe à la suite d’une commission rogatoire envoyée de France. On avait même enregistré les numéros de téléphone qu’il appelait, comme ceux d’Amer El Azizi et Abu Mughen, deux membres notoire d’Al-Quaeda…

Comment ne pas constater une incompétence caractérisée au plus haut niveau policier ? Comment ne pas penser, qu’avec un peu plus de constance et de talent, l’atroce attentat du 11-M aurait pu être évité ? Comment ne pas remettre en cause également l’inconstance de certains témoignages ? Ainsi cette jeune femme, le témoin protégé B-78, prêtant serment à la barre, affirmant tout d’abord reconnaître comme poseur de bombe Basel Ghalyoun (qui risque pour cela 38.654 années de prison) avant de se rétracter après avoir lu un livre sur le 11-M et de désigner formellement Daoud Ouhnane, actuellement en fuite. Elle n’est pas la seule à se dédire, puique un autre témoin, le S-27, pointe maintenant du doigt Jamal Zougam, au lieu de Bouchar. Le seul problème est que Zougam a été vu dans trois trains en même temps… Devant une telle cacophonie, les inculpés ont beau jeu de tout nier, car c’est au Parquet d’apporter des preuves irréfutables de leur implication. Et sur ce point, ça flotte encore, d’autant plus que les enquêteurs sont persuadés que ce sont quinze terroristes qui ont introduit les sacs mortels dans les trains de banlieue. Alors que la procureur Olga Sánchez n’en recense que treize : les sept suicidés de Leganés, les inculpés Jamal Zougam, Basel Ghalyoun et Abdelmajid Bouchard, et les trois fugitifs Mohamed Afalah, Said Berraj et Daoud Ouhnane. Après trois ans d’instruction, cela fait désordre !

Alors, lorsqu’on a une certitude, on s’y tient : Juan Jesús Sánchez Manzano, l’ex chef des policiers artificiers des TEDAX, assure que le jour même du forfait, à 14 heures, il était certain que l’explosif utilisé n’était pas de la Tytadine, qu’utilise habituellement ETA, mais bien de la Goma 2, un produit de l’Union espagnole des explosifs, généralement utilisé dans les mines des Asturies. On se demande pourquoi il n’en a pas fait part alors à son ministre de tutelle, Angel Acebes, qui s’évertuait devant les caméras à dénoncer obstinément la piste d’ETA. Dernier épisode en date, aujourd’hui même, le démineur qui désactiva la bombe dans un sac n’ayant pas explosé, affirme : « Elle était différente de celle que nous connaissions. Elle ne correspondait pas à celles d’autres groupes terroristes autochtones, comme ETA. » L’organisation est donc définitivement exonérée du plus grand attentat commis sur le sol espagnol. Ce qui n’en fait pas pour autant une douce colombe. Mais on préfère tout de même.
Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Dimanche 18 mars 2007

Le même jour, samedi dernier, se sont tenues deux manifestations bien différentes. La première a eu lieu à Pampelune, capitale de la Navarre, et a réuni 100.000 personnes sur le thème de « la liberté et le fuero » (les droits ancestraux locaux). De mémoire d’observateur, on n’avait jamais vu autant de protestataires dans les rues d’Iruñea : 50.000 de plus que lors de l’assassinat, par une bombe déposée sous sa camionnette, du conseiller municipal José Javier Mugica en juillet 2001. En tête, le président de la Communauté navarraise, Miguel Sanz, flanqué de Mariano Rajoy, chef de file du PP, le véritable promoteur de l’initiative, qui entendait signifier au gouvernement central que la Navarre ne saurait être prise en otage dans de problématiques négociations avec ETA. Pour lui, la Navarre est l’Espagne. Et point final.

La crainte est en effet grande de voir Zapatero inciter le Parti socialiste du coin, le PSN, à conclure un pacte de gouvernement avec des partis nationalistes, dont Nafaroa Bai. Ce qui à terme signifierait l’intégration de la Navarre dans une future Communauté basque élargie, en tant que quatrième province. L’une des revendications principales des séparatistes. Et par conséquent d’ETA. D’où la manifestation impressionnante de la droite navarraise, qui n’a aucune confiance dans le chef du gouvernement qui s’est jusqu’alors borné à dire que « la Navarre sera ce que les Navarrais en feront. » Un exemple extensible à l’envi et valable demain au Pays basque ; de quoi faire trembler tout Espagnol jacobin.

En d’autres endroits du pays, on manifestait aussi, mais pour d’autres raisons. À l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis et ses alliés – dont l’Espagne d’Aznar – les mouvements contre la guerre avaient lancé un mot d’ordre pour que dans le monde entier, on clame dans la rue le rejet de la politique menée par Bush. En Espagne, le mot d’ordre fut relayé par le Forum social, appuyé par le PSOE, Izquierda Unida, les syndicats CC.OO et UGT et une centaine d’organisations de moindre importance. L’ensemble réunit à Madrid 400.000 personnes, 1.500 à Barcelone et 500 à Séville. L’ambiance était radicalement différente : là, peu de bannières espagnoles, mais des drapeaux républicains ou soviétiques, des portraits de Lénine et du Che Guevara. Une certaine gauche m’étonnera toujours. L’occasion surtout de fustiger l’initiative de José María Aznar qui, contre son opinion publique, avait décidé d’entrer en guerre aux côtés des Américains. Une manif hors du temps, anachronique même, mais nécessaire au PSOE pour remobiliser ses troupes et retrouver un peu d’oxygène, puisque depuis trois ans, la rue est l’apanage de la droite.

Comme si arpenter le pavé pouvait changer quoi que ce soit à la volonté des gouvernants, ou modifier le cours de la politique ! Mais trouver le même jour, sur le sol espagnol, deux manifestations aussi disparates, la première réclamant le droit de demeurer dans la communauté nationale, l’autre fustigeant une guerre où l’Espagne intervint il y a quatre ans, et dont elle est sortie il y en a trois, prouve le désarroi d’une population excédée par les sectarismes des deux bords. L’Espagne est le pays de tous les excès, elle nous l’a prouvé en juillet 1936, elle doit dorénavant retrouver une sérénité bien malmenée par ses dirigeants. Ce week end où l’Espagne ne s’aimait pas est à oublier bien vite. Heureusement, une bonne nouvelle nous est parvenue dans la soirée : 58,8 % des Espagnols souhaitent que le dialogue avec ETA soit réinstauré. Comme quoi, au milieu des vociférations, il ne faut jamais désespérer.

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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