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Mardi 13 février 2007

L’information est à prendre avec des pincettes, mais étant donné qu’elle me parvient de diverses sources, généralement assez fiables, je me risque à vous la donner : ETA se serait dotée d’un nouveau chef, du surnom de Dienteputo. Exit donc, ou du moins relégué à un rang plus discret et moins exposé, Josu Ternera, responsable de l’échec de la “trêve permanente” ayant conduit à l’attentat de Barajas et dont l’arrestation pourrait être décidée prochainement, car il aurait été “logé” ; il est vrai qu’il ne fait rien pour trop se cacher. Tout comme Txeroki, patron depuis l’arrestation fin 2003 de Susper, de l’appareil militaire et donc des commandos, sans doute jugé trop brut de fonderie et pas assez politique.

 

 

Derrière ce surnom curieux, “dent de pute”, se cache en fait José Luis Eciolaza Galán, dont je vous révélais l’existence dans ma chronique du 9 novembre dernier. J’ajoutais alors qu’il faisait partie de la vingtaine de jusqu’auboutistes, agglutinés derrière Txeroki, en compagnie duquel on l’avait vu en Italie. Qualifié d’”historique”, ce terme signifiant qu’il milite dans les rangs de l’organisation depuis plus de vingt ans, Dienteputo est âgé de 45 ans. À son tableau d’honneur, ou d’horreur, sont affichés six assassinats commis avec le commando Gohierri-Costa (dont fit partie Kubati, l’assassin de l’étarre repentie Yoyes). On le retrouve en 1982 membre du commando agissant au Guipúzcoa en compagnie de Pedro José Pikabea Ugalde, Goicoechea Elorriaga Txapela, Olaizola Achucarro Antxon, Bilbao Beascoechea et Bustinza Yurrebaso. Cette activité débordante le força à s’exiler en Amérique latine, où il continua ses activités clandestines comme responsable de l’appareil logistique “Bikingoak “ dans cette partie du monde, Mexique, Cuba, Venezuela, Uruguay et Argentine. De retour en Europe, en l’occurrence en France, il a pris progressivement du poids dans l’organisation, qui manque cruellement d’hommes d’expérience, puisque entre les jeunes chiens et les vieux dirigeants, on constate souvent un écart de trente ans d’âge. Dent de pute est donc une sorte de chaînon manquant.

 

Txeroki cantonné aux commandos, on aurait un nouvel état-major complètement inédit ainsi composé, sans que l’on connaisse encore la répartition des « compétences » : Eneko Gogeaskoetxea Arronategi, meurtrier d’un ertzaina (un policier basque) en 1997 devant le musée Guggenheim de Bilbao, et actuel responsable des explosifs. Ana López Monge, venant de la kale borroka. Iñaki Domínguez, qui se vouait aux renseignements. Carlos García Preciado, venant lui aussi de la kale borroka. Asier Eceiza Ayerra, qui participa à des attentats. Itziar Plaza Fernández, ancien informateur de la bande. Pablo Aperribay Bediaga, qui avait réalisé des filatures, Oihana Garmendia Marín, qui participa à des attentats. Iker Iparraguirre Galárraga, en fuite à la suite d’un raid policier. Eneko Bilbao Aresti, dont on sait peu de chose, sinon qu’il est né à Bilbao en 1979. Mêmes lacunes pour Zorion Salsamendi Abad, né à Bilbao en 1982. Arkaitz Goikoetxea Basabe, qui attaqua deux ertzainas. Et enfin Zigor Ruiz Jaso, ancien porte parole du groupe Segi, en fuite.

 

 

L’impression d’ensemble est l’improvisation, l’inexpérience, mais manifestement on assiste à une répartition des tâches à l’intérieur d’ETA. On imagine la détermination de ces jeunes pousses, qui ont tout à prouver et sont persuadés avoir été trompés par le pouvoir madrilène, qui n’a pas su saisir la main tendue en mars 2006. Mais sur le fond, remplacer Txeroki par Dienteputo, cela ne change rien à l’affaire : ETA s’est réorganisée et se met en ordre de marche pour agir. Aux abris !

 

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Dimanche 11 février 2007

Lapalissade, le métier de chercheur consiste à chercher. C’est-à-dire à fouiller, tritouiller, patouiller, comparer, faire le tri dans des dizaines de milliers de documents, pas forcément accessibles ou instructifs. Quelquefois, on trouve de véritables petits trésors, ainsi celui que je viens de redécouvrir, car depuis mes années d’étudiant, j’avoue l’avoir un peu oublié. Il date du 1er mai 1938, en pleine Guerre civile donc, et constitue une tentative du gouvernement de la II République d’établir quelques bases fondamentales pour le futur des Espagnols, en vue de faire cesser le conflit. Ce que Franco balaya d’un revers de manche, exigeant une reddition sans conditions. L’écrit porte un nom, « Les 13 points de Negrín », du nom du président socialiste du Conseil des ministres de la République de l’époque, Juan Negrín. En voici l’essentiel.

 

 

1 – Assurer l’indépendance absolue et l’intégrité totale de l’Espagne

 

2 – Libération de notre territoire des forces militaires étrangères qui l’ont envahi

 

3 – République populaire représentée par un Ētat vigoureux reposant sur des principes de pure démocratie

 

4 – La structure juridique et sociale de la République sera l’œuvre de la volonté nationale librement exprimée à travers un plébiscite

 

5 – Respect des libertés religieuses, sans destruction de l’unité espagnole : protection et développement de la personnalité et de la particularité des différents peuples intégrant l’Espagne

 

6 – L’Ētat espagnol garantira la plénitude des droits à la vie civile et sociale, la liberté de conscience et assurera le libre exercice des croyances et pratiques religieuses

 

7 – L’Ētat garantira la propriété légale et légitime, acquise dans les limites imposées par le suprême intérêt national et la protection des éléments de production

 

8 – Profonde réforme agraire

 

6 – L’Ētat garantira le droit au travail

 

10 – Une préoccupation primordiale et basique de l’Ētat sera portée à l’amélioration culturelle, physique et morale de la race

 

11 – L’Armée espagnole sera au service de la Nation, ainsi que de toute tendance ou parti

 

12 – L’Ētat espagnol réaffirme le point constitutionnal de renoncement à la guerre en tant qu’instrument de politique nationale

 

13 – Vaste amnistie pour tous les Espagnols voulant reconstruire l’Espagne et la rendre plus forte.

 

 

Devant le refus franquiste, Negrin réduisit à 3 ses propositions en février 1939 : indépendance de l’Espagne face aux puissances intervenantes dans le conflit, adoption d’un régime consensuel et absence de représailles ultérieures. On sait comment finit l’expérience Negrin : en mars, un coup d’Ētat militaire, mené par Segismundo Casado le déposa et il prit comme  tant d’autres le chemin de l’exode pour s’en aller présider jusqu’en 1945 le Gouvernement républicain en exil, et mourir à Paris onze ans plus tard.

 

 

Si j’éprouve aujourd’hui la nécessité de revenir à ces écrits, datant d’il y a presque soixante-dix ans, c’est sans doute pour constater l’abîme existant entre les propositions socialistes d’alors et celles de Zapatero. En mettant à part le dixième point, sur la race, qui n’aurait pas été renié par Hitler lui-même. Comme quoi sous un même vocable peuvent se dissimuler bien des différences.
Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Mercredi 7 février 2007

Une grève de la faim n’a jamais passionné personne, a fortiori lorsqu’elle se déroule dans un pays étranger, et loin des caméras. Celle touchant l’étarre José Ignacio de Juana Chaos est en train de tourner vilain et au train où l’on va, son cœur ne va pas tenir bien longtemps. Entre ses deux grèves, il en est en effet à 93 jours de jeûne, le dernier ayant commencé le 7 novembre. Une situation qui tourne au cauchemar pour Zapatero, et qui d’un simple point de vue humain vire à la totale indécence.

 

Indécence de la part de Juana, qui se pose en victime, alors qu’il est l’auteur des meurtres de 25 personnes, que tout le monde a oubliées. Pour mémoire, et en leur mémoire, en voici les noms : Vicente Romero, Juan García, Esteban del Amo, Fausto Escrigas, Eugene Kent Brown, Juan Carlos González, Vicente Javier Domínguez, Juan Catón Vázquez, Juan Mateos Pulido, Alberto Alonso Gómez, Ricardo Sáenz de Ynestrillas, Carlos Vesteiro Pérez, Francisco Casillas Martín, Jesús María Freixes, Santiago Iglesias Rodino, Carmelo B. Alamo, Miguel A. Cornejo Ros, José Calvo Gutiérrez, Andrés José Fernández Pertierra, Antonio Lancharro Reyes, José Joaquín García Ruíz, Jesús Gimeno Gimeno, Juan Ignacio Calvo Guerrero, Javier Esteban et Ángel de la Higuera López.

 

 

Indécence des institutions espagnoles, qui ont monté une telle usine à gaz qu’elles sont dorénavant confrontées à des situations juridiques inextricables. Pour faire simple, il suffit à des condamnés d’éviter de faire des bras d’honneurs aux geôliers, de s’inscrire dans une quelconque université à distance, de suivre des cours de couture ou de macramé, pour que leur peine, atteignant parfois 5.000 ans de détention (grotesque), soit réduite à une vingtaine d’années. Ce qui fait peu cher de la vie humaine et en dit long de l’inconsistance du code pénal espagnol.

 

 

Indécence des politiques, ou plutôt du gouvernement, qui pour satisfaire l’opinion publique, se refuse à l’élargissement de Juana, alors qu’il a le droit pour lui. On peut le regretter, étant donné son curriculum mortae, mais c’est un fait, incontournable. Il a fallu recourir à une argutie lamentable, en l’occurrence deux articles signés de lui dans le quotidien Gara, pour lui remettre sur le dos une peine supplémentaire de 12 ans et 7 mois de détention. Comme si deux écrits valaient un tel châtiment ! On sauve ainsi les apparences, en dépit du droit.

 

 

Indécence des médias, qui ont osé publier une photo de Juana, simplement revêtu d’un caleçon, intubé, le torse nu cadavérique laissant voir des côtes décharnées. L’atrocité clinique dans toute sa véracité. On pense immanquablement au cliché de la publicité Benetton, montrant dans son horreur les derniers moments d’un moribond. Indécence du Times, le quotidien londonien, qui publie de lui une interview, dans laquelle il assure ne se repentir de rien. Les familles des victimes apprécieront. Tout cela manque singulièrement de dignité.

 

 

La suite est presque écrite. Juana, qui n’a renoncé à aucune de ses idées, cherche très certainement la mort, et passera le jour venu aux yeux des exaltés pour un martyr, c’est-à-dire celui qui a choisi de mourir pour sa cause. On oubliera vite qu’il était un tueur, après tout qu’est-ce que la vie de 25 victimes, dans une longue lutte pour l’indépendance ? Davantage que les négociations en sous-sol, que les déclarations triomphantes, que les petites phrases dénuées de sens, le suicide organisé de Juana risque de devenir demain la pierre d’achoppement du conflit basque. Pas seulement indécent, mais dangereux, très dangereux !

 

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Mardi 6 février 2007

Commençons par les bonnes nouvelles : en 2006, le chômage a baissé de 30.600 personnes, soit – 1,66 % par rapport à l’année antérieure. On compte donc 1.810.600 privés d’emploi et un taux de 8,3 %, le plus bas depuis 1979. Ça, ce sont les chiffres de l’Institut national de la Statistique et de l’EPA ●●● Mais cacophonie, l’Institut national pour l’Emploi (INEM) dépendant du Ministère du Travail et des Affaires sociale annonce de son côté 80.064 personnes touchées, soit 3,8 % de moins. Ce qui nous donnerait 2.022.873 chômeurs. Faudrait se mettre d’accord, là-haut ! ●●● Grâce au permis à points, on compte 9,3 % de morts en moins sur les routes : en 2005 ils étaient 3.329, et 2.998 en 2006 ●●● Selon la Cetelem, la filiale de la BNP Paribas, les Espagnols vont devenir les plus grands consommateurs de l’Union européenne, avec des intentions d’achat de 74 % contre 61 pour le reste de l’Europe : sont touchés les loisirs, les portables, l’électro-ménager. Et 12 % sont prêts à acquérir un logement, soit 5 de plus que l’Européen moyen ●●● Et en 2006, l’Espagne a reçu 58,5 millions de touristes, soit une augmentation de 5,5 % par rapport à 2005. Les Britanniques, les Français et les Allemands représentent 60 % de l’ensemble ●●●

 

Au rayon mi chèvre, mi chou, constatons que les mariages homosexuels se sont élevés en 2006 à 2.600, ce qui fait quand même beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Soit tout de même six fois plus qu’en 2005. Madrid est la Communauté qui en compte le plus (836 dont 635 entre hommes et 201 femmes), Ceuta celle en ayant le moins : 1 + 1 ●●● Plus culturel : le Musée Guggenheim de Bilbao a reçu la visite de 1.008.774 personnes, soit une augmentation de 14 %. 16 % sont des Français, 9 % viennent du Pays basque, 11 % de Catalogne et 5 % de Madrid  ●●● Même pourcentage d’augmentation pour le Thyssen-Bornemisza de Madrid, avec 736.713 visiteurs ●●● L’Espagnol consommant le plus de culture a entre 25 et 44 ans, un travail, une femme et des enfants. Lui écoute davantage la radio (80,7 %) qu’elle (76,7 %) et utilise davantage l’ordinateur (35,8 % contre 27,1 %) et l’Internet (26,5 % contre 19,1 %)  ●●● Après un an de loi anti tabac, 750.000 Espagnols ont cessé de fumer, et les ventes, pour la première fois, ont baissé en 2006 de 3,12 %. Quant aux points de vente, 40 % ont définitivement fermé leurs grilles ●●● 300.000 livres de cinq bibliothèques catalanes, non concernés par les droits d’auteur, pourront à l’avenir être consultés via Internet, grâce à un accord signé avec Google ●●●

 

Et puis ce qui fâche : en janvier 2007, le chômage a augmenté de 59.635 personnes (+ 2,9 % par rapport à décembre), ce qui rend les chiffres de 2006 moins glorieux ●●● Les mères célibataires sont 26,6 %. Elles étaient 2 % en 1975, année du décès de Franco ●●● Seulement 12 % des Espagnols font de l’exercice de façon adaptée ●●● 1,8 millions de femmes (9,6 %) présentent des indices de maltraitance et 677.300 déclarent avoir été victimes de mauvais traitements ●●● Corollaire : 44 % des victimes mortelles en 2005 ont été des hommes ●●● 10 % des Espagnols connaissent quelqu’un pratiquant le tourisme sexuel à l’étranger avec des mineurs ●●● Le déséquilibre du commerce extérieur continue à s’aggraver : de janvier à octobre 2006, il a augmenté de 32 %, accusant un déficit de 72.524 millions d’euros ●●● Mauvaise nouvelle : le quotidien sportif Marca n’atteint même pas les 150.000 exemplaires en kiosques ●●● Seulement 17 % des Catholiques se rendent à la messe tous les dimanches. Comme quoi l’Espagne n’est plus tout à fait l’Espagne ●●● Ceci n’expliquant pas cela, les spermatozoïdes des Espagnols sont de plus en plus lents. À ce rythme, ils seront tous immobiles dès l’an 2067. Courage, on est solidaires !

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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Lundi 5 février 2007

Les rues de Madrid, de la place de Colón jusqu’à la Puerta de Alcalá ont été envahies samedi après-midi par une multitude de manifestants : 1,5 millions, selon la Communauté. Vraisemblablement un peu moins dans la réalité, mais pas tant que le chiffre honteux énoncé par l’inénarrable Soledad Mestre, la déléguée du gouvernement (184.201) ou le quotidien El País (210.000). En tous cas  un nombre suffisant pour constater qu’il s’est agi de la plus grosse manifestation enregistrée dans la capitale depuis l’arrivée au pouvoir de Zapatero.

 

Le défilé d’hier avait été organisé par le Forum d’Ermua, dirigé par Mikel Buesa, l’universitaire spécialiste d’ETA dont je vous ai déjà entretenu des travaux dans cette chronique, et comptait sur le soutien de près de 800 organisations diverses, ce qui explique son succès. Nous avons donc assisté à la deuxième version du rejet de la situation engendrée par l’arrêt du cessez-le-feu. Mais là où les manifestants du 13 janvier dernier demandaient simplement la paix et appuyaient implicitement Zapatero et son souci de dialogue, ceux d’hier s’étaient rangés derrière une ligne dure, énoncée par le calicot « Pour la liberté, ensemble nous vaincrons ETA. Non à la négociation. » Le PP au grand complet, Rajoy et Aznar en tête, était d’ailleurs dans les rangs et buvait du petit lait quand Zapatero était insulté.

 

Au-delà des circonstances, je ne peux m’empêcher de constater que depuis le début de notre nouveau siècle, on manifeste pour tout et son contraire en Espagne. Les défilés étaient auparavant l’apanage des organisations syndicales. La stagnation du nombre de leurs adhérents et le manque de causes mobilisatrices font qu’on ne les voit plus guère dans la rue qu’à l’occasion du 1er mai. On défile désormais pour des motifs politiques. Contre l’intervention de l’Espagne, voulue par Aznar, dans la guerre d’Irak le 15 février 2003 (2 millions de personnes à Madrid), contre le mariage gay le 19 juin 2005 (entre 1,4 million et 166.000), contre la réforme éducative le 12 novembre 2005 (entre 1,4 million et 470.000 personnes), contre le dialogue (déjà) avec ETA le 26 novembre 2006 (des centaines de milliers). Et donc celle d’hier, contre ETA et contre Zapatero. Une manif de plus, allez-vous penser, comme si le fait de battre le pavé pouvait changer quoi que ce soit à la détermination des dirigeants, voire les pousser à une inflexion de leur politique, ou à la démission !

 

Foutaise ! Si tout cela prouve la vitalité « citoyenne », pour reprendre un mot à la mode que je ne prise guère, du peuple espagnol, il démontre surtout son manque de maturité politique. Après tout, la démocratie est de nouveau une idée neuve en Espagne ; elle n’a même pas trente ans… Manifester est un droit, l’exercer pour tout et n’importe quoi devient une déviance démocratique. C’est à la Chambre que les propositions doivent se préparer, c’est dans les urnes que la volonté doit s’illustrer, c’est dans le consensus que le terrorisme doit se combattre.

 

Hier, l’Espagne s’est encore davantage brisée en deux, alors que tant la gauche que la droite ne désirent qu’une chose : la fin du terrorisme, la fin d’ETA. Il serait grand temps d’expliquer aux manifestants et aux zélateurs de Zapatero que ce qui les sépare n’est rien par rapport à l’enjeu. Le reste est simplement une question de stratégie : la politique de la répression a montré ses limites, puisque ETA existe depuis 1959 et n’a jamais été matée. Celle du dialogue et de la « trêve permanente » aussi, puisqu’elle s’est achevée par l’attentat de Barajas et la mort de deux personnes. Il convient donc de trouver d’autres voies, au risque de retomber dans la violence et le sang. Elles passent par un consentement, et un nouveau pacte antiterroriste, dont le PNV serait partie prenante. Les manifestants de la Puerta d’Alcalá n’y ont sans doute pas pensé. Il est vrai que l’opinion d’un manifestant, ça se retourne comme une crèpe. Normal, c’est la Chandeleur !

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
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