Recommander

Texte libre

Pour vous inscrire à la newsletter hebdomadaire d'analyse et d'informations de Jean Chalvidant, n'oubliez pas, sur cette même page, à droite, de noter votre adresse e-mail.

Publicité

Vendredi 2 février 2007

Qui se souvient encore de Philippe Bidart ? La mémoire oublie facilement les vaincus et le chef historique d’Iparretarrak, le petit-frère français d’ETA, vient dans l’indifférence générale de passer 19 ans derrière les verrous. Libérable depuis février 2003, il sortira finalement de prison le 14 février prochain, jour de la Saint-Valentin, alors que personne, à commencer par ses défenseurs, n’y croyait plus. Singulier parcours pour ce Basque né le 10 avril 1953, touché très jeune par la foi et élève du petit séminaire d’Ustaritz, puis au grand séminaire de Dax.

 

Elevé dans une famille basque traditionnelle à Saint-Etienne-de-Baïgorry, où son père Jean-Baptiste possède un joli métier, artisan menuisier, Philippe est un idéaliste. Il songe tout naturellement à devenir prêtre en Amérique du sud, mais change d’orientation pour professer dans l’ikastola (école où l’enseignement se fait en langue basque) de Blanc-Pignon à Anglet. Dire qu’il baigne dans une ambiance basque serait restrictif : le soir, il danse dans le groupe folklorique Arrola et le jour, tient à Biarritz un magasin de produits et de littérature basques. Qui n’est qu’une vitrine, car fidèle aux poncifs soixante-huitards de l’époque, prônant la quête de l’identité, l’enracinement, le rejet du centralisme et de l’invasion touristique, il a fondé Iparretarrak (Ceux du Nord) sur le modèle d’ETA dès 1973.

 

Devenu clandestin à partir de 1981, il bénéficie de l’appui d’un certain clergé local et de sympathisants de la cause séparatiste, chez qui il peut se réfugier. Impliqué dans l’assassinat de deux CRS l’année suivante, il récidive à Léon-des-Landes et le 25 août 1987, assassine de sang-froid lors d’un contrôle de routine le gendarme Roger Buschmann sur le parking de Sanguinet-Cazaux, dans les Landes. Son visage orne alors les 200.000 affiches de recherche apposées dans la France entière. Cet activisme aussi brouillon et désordonné exaspère ETA, gênée dans ses mouvements et son déploiement discrets sur le territoire français, qui selon certaines sources aurait décidé de faire tomber Bidart. Car c’est à cause de l’amateurisme de son groupe que l’un des chefs étarres, Santiago Arrospide, dit Santi Potros, a été arrêté, presque par hasard, chez Joseph-Xavier Guimon, à Anglet. Mais Philippe Bidart, encore faut-il le trouver !

 

La traque sera longue et va durer sept ans. Dans la nuit du 19 au 20 février 1988, une opération menée par le GIGN à Boucau, dans les Pyrénées-Atlantiques permet enfin l’arrestation de l’homme le plus rechercé de France. L’action est jugée d’importance, puisque le propre ministre à la Sécurité publique, Robert Pandraud fait le déplacement et annonce théâtralement qu’Iparretarrak, c’est fini. Et de fait, depuis 19 ans, IK n’est qu’une vue de l’esprit, ou un simple souvenir, réveillé de temps en temps par une bombinette mal fabriquée et déposée dans des poubelles à l’aéroport de Biarritz-Parme, la sous-préfecture de Bayonne ou l’Office de tourisme de Cambo-les-Bains (voir ma chronique du 16 avril 2006). Compte-tenu de son rôle de dirigeant et de la gravité des actes commis, des meurtres, Philippe sera condamné deux fois à perpétuité, deux fois à 6 et 20 ans de prison au cours de 7 procès.

 

Symbole de la lutte séparatiste au Pays basque nord, Bidart, le plus ancien prisonnier basque,  recouvre donc la liberté – conditionnelle - en une période troublée, où les nationalistes violents sont de nouveau mis au ban de la société. L’attentat de Barajas et la rupture de la trêve sont passés par là. Il sait que le moindre écart, ou le moindre voyage dans le Sud-Ouest le ramènera immanquablement, à 52 ans, à la prison de Clervaux. Celui qui fut le symbole de la résistance basque « française » va dorénavant travailler à Béziers, dans les services œcuméniques d’entraide de la Cimade (800 membres, 105 salariés et plus de 700 bénévoles) visant à l’accompagnement des étrangers migrants en voie d'expulsion, de demandeurs d'asile et de réfugiés. Un autre combat. Fin d’une épopée, fin d’une époque, la page est tournée.

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 1 février 2007

L’Institut de Politique familiale vient de mettre à disposition sa dernière livraison de son « Information sur l’évolution de la famille, 2006 », réalisée par une équipe multidisciplinaire d’experts, et prouvant que, dans ce domaine comme ailleurs, l’Espagne est en train de vivre d’importants changements. Des 64 pages chargées de graphiques et de camemberts, retirons les 10 leçons essentielles :

 

1 – Croissance démographique : l’Espagne comptait en janvier 2006 44.708.964 personnes. La croissance est pour l’essentiel due, depuis dix ans, à l’immigration. Sans elle, elle serait de zéro. Grâce à son apport, elle a augmenté de 8,5 %. À noter que six Communautés autonomes, présentent une croissance naturelle négative : Galice, Castille et León, Asturies, Aragon, Estrémadure et Cantabrie. L’immigration a représenté 2,8 millions de personnes en 5 ans. L’Espagne compte au 1er janvier 2006 3,9 millions d’étrangers (soit 8,8 % de la population totale) dont 46 % a moins de 30 ans, et 80 % moins de 44 ans.

2 – Vieillissement : l’Espagne demeure un vieux pays et aussi un pays de vieux. Dans 9 provinces (Lugo, Orense, León, Zámora, Salamanque, Ávila, Soria, Cuenca et Teruel), 1 personne sur 4 a plus de 65 ans. La pyramide des âges est inversée avec 1,1 million de personnes âgées, comparativement aux jeunes, et presque 2 millions de plus de 80 ans.

3 – Natalité : l’Espagne fait de moins en moins d’enfants. La néo natalité doit sa vitalité aux mères étrangères. L’Espagne, avec 1,32 enfants par femme, est avec l’Italie et la Grêce le pays de l’Europe des Quinze présentant l’indice de fécondité le plus faible, et 4 Communautés (Asturies, avec 0,94, la Galice 1,0, Castille et Leon 1,06) sont en situation de natalité critique. L’âge moyen de maternité est de 31 ans.

4 – Avortement : c’est l’explosion : 91.644 en 2005, soit un toutes les 5,7 minutes et 252 par jour. 15,8 % des femmes enceintes ont recours à l’avortement. De 1995 à 2005, ils sont passés de 49.367 à 91.664, soit + 85,6 %.

5 – Mariages et ruptures : le taux de nupcialité est tombé de 5,88 à 4,82 en 2005. De même cette année-là, on a enregistré 149.255 ruptures, soit une toutes les 3,5 minutes. Elles ont explosé en 2006 avec une croissance de + 13 %, atteignant les 160.000. A ce train là, il y aura à l’horizon 2010 autant de mariages que de divorces.

6 – Le couple change : les mariages ont lieu plus tard (33 ans pour les hommes, 30 pour les femmes) – 4 mariages sur 10 n’ont lieu qu’à la mairie (de 2000 à 2005, on est passé de 24 % à 39 %) – 1 enfant sur 4 naît hors mariage, soit 123.938 (26,5 %), une augmentation de 100 % en dix ans – 1 mariage sur 7 (29.783) comprend un conjoint étranger.

7 – Foyers : la composition moyenne des foyers a diminué et ne comprend que 2,9 membres, alors qu’elle était de 3,8 en 1971.

8 – Subventions : l’Espagne est le pays européen qui subventionne le moins les familles, à hauteur de 0,52 % du PIB. Alors que la moyenne européenne se situe à 2,2 %. Pire encore, elle est le seul pays à n’atteindre même pas 1 % du PIB.

9 – Aides aux familles : elles sont rares et exclusivement dirigées vers celles à faibles revenus. 105 euros par personne et par an, alors que la France accorde 6 fois plus et le Luxembourg 16 fois.

10 – Organismes : les administrations n’ont implanté aucun organisme destiné à la famille, au contraire des autres pays européens (ministère de la Famille en France). Pire encore, l’Espagne ne dispose d’aucun plan et d’aucune loi d’aide aux familles.

 

Si vous avez un peu de temps, beaucoup de curiosité et de patience et l’esprit clair, vous pouvez vous pencher sur l’étude en la téléchargeant :

 http://www.ipfe.org/documentos/informefamiliaes2006.pdf

 Fastidieux, certes, mais indispensable pour connaître vraiment la réalité du pays.

 

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 1 février 2007

Ils portent un nom de groupe de drag queens ou de chanteurs de cabaret, mais sont nettement moins rigolos et autrement plus dangereux. Ce sont les Latin King, une bande organisée et violente, constituée depuis l’an 2000 à Madrid, puis au « Royaume hispano » (Barcelone), au « Royaume Maya » (Valence et Alicante) et au « Royaume aztèque » (Murcie). Loin d’être un phénomène isolé, ils forment l’avant-garde de la délinquance d’origine sud-américaine, et ont décidé depuis quelques semaines de s’approprier leur territoire, celui de la rue. On en a vu les prémices et les effets il y a une dizaine de jours à Alcorcón.

 

Pour le jeune immigrant latino traînant sa lassitude et son désoeuvrement, elle offre l’attrait de la solidarité, de la force et du défi. Le groupe le plus important se nomme donc les Latin King, d’environ 2.000 membres, constituant un réseau remarquablement hiérarchisé, possédant une organisation pyramidale, son propre code de conduite et même ses éléments identitaires et son propre langage. Son règlement interne, car il en existe un, comporte un « code exécutif des interdits », les énumérations des fautes, des prières, ainsi que cette phrase surprenante : « faire croître l’esprit de nos membres, fortifier l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes et les doter des ressources nécessaires pour survivre dans la société raciste dans laquelle ils sont immergés. » Cela se gâte un peu plus loin : « Haine envers les ennemis, encouragement à enseigner à nos gens l’art de la survie… leur enseigner le respect de soi, la défense personnelle et l’art de survivre contre ceux qui recherchent notre destruction. »

 

 

Et ça marche. Chaque membre verse 5 euros par semaine au leader de la bande, ce qui d’après mes calculs appliqués lui rapporte chaque année 520.000 euros nets d’impôts, et est aux ordres : vols, bagarres, menaces, réglements de comptes, vandalisme, viols, ils jouent parfois les nervis pour le compte de chefs d’entreprises ou de boutiquiers cherchant à récupérer des impayés. Et n’hésitent pas à recourir à l’assassinat. En guise de rite d’initiation, leurs compagnes sont immanquablement violées, ce qui n’a jusqu’à présent fait réagir aucune ligue de protection de la femme. Quant à quitter la bande, autant oublier : ou on se carapate en loucedé, ou on vous fait disparaître. Sur Madrid, leurs lieux de prédilection sont les quartiers sud, Usera, Villaverde et Carabanchel et la Police affirme en avoir identifiés un petit millier, dont 33 ont été incarcérés pour homicide. Précisons que les Latin ne sont pas le seul groupe organisé, puisqu’il peut compter sur la concurrence féroce des Ñetas et des Dominican Don’t Play.

 

Quoi qu’en dise son maire, Madrid devient d’ailleurs une ville de moins en moins sûre, avec 1 homicide tous les 9 jours, souvent en fin de semaine et par arme blanche, 1 délit toutes les 5 minutes. Chaque jour, 120 délinquants sont arrêtés, dont 10 pour mauvais traitements et 3 pour violence. Mais il est vrai que les délits ont baissé l’année dernière de 0,06 %. Pas de quoi pavoiser. Concrètement, les délits sont passés de 108.153 à 106.633, soit 1,41 % en moins. Quant aux arrestations, elles se sont montées à 43.796, soit une augmentation de 17,17 % par rapport à 2005.

 

Et puis, autant signaler, là encore, l’amateurisme ou l’aveuglement, je ne sais plus car les bras m’en tombent, du gouvernement qui, par la voix de sa déléguée à Madrid Soledad Mestre, vient d’affirmer que l’activité des Latin King ces six dernier mois est pratiquement inexistante, en constatant qu’ils « ne sont seulement QUE derrière 40 crimes commis en 2006. » Impayable, vraiment !

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 28 janvier 2007

Si l’on demande à un étranger d’évoquer spontanément deux images folkloriques de l’Espagne, il répondra invariablement : l’immense toro noir des panneaux publicitaires (la plupart l’ignore, mais il s’agit d’un brandy – un faux cognac - de marque Magno) et le tricorne en cuir bouilli des gardes civils. Attention, les temps qui viennent pourraient envoyer au magasin des souvenirs cette vénérable institution, née sous Isabel II de la volonté du duc d’Ahumada en 1844. Forte de 72.000 hommes et femmes, et 8.000 dans la réserve, répartis sur 3.200 postes, elle se sait l’objet de l’attention des socialistes, qui dans leurs promesses électorales, avaient assuré que le corps serait démilitarisé et la fusion avec la Police effective, ce qui équivaudrait dans les faits sinon à sa dissolution, du moins à sa reconversion. Eh bien, on y arrive, et Zapatero, qui avait oublié en route son engagement, n’a pas vu le coup venir.

 

Il faut dire que le corps a le cul entre deux chaises. Officiellement dépendant du ministère de la Défense, il est en fait affecté à des tâches de police, pour l’essentiel le contrôle routier ; 99 % de ses actes quotidiens n’ont rien de militaire. On parle de réaffectations vers le contrôle des frontières, bien hypothétique depuis Schengen, de missions vers l’extérieur, de contrôle maritime ou d’intégration dans une nébuleuse gendarmerie européenne. Tout cela reste bien flou.

 

En interne, ça gronde : les gardes en ont assez d’être corvéables à merci, payés des clopinettes, de recevoir une paire de godillots tous les cinq ans, de porter le même uniforme hiver comme été, de posséder un seul tricot, d’acheter parfois sur leur maigre solde, comme dans un poste à Madrid, les gilets pare balles et de rouler dans des véhicules affichant parfois les 400.000 kilomètres au compteur. Et de vivre souvent dans des casernes insalubres, on dit même au milieu des rats… Sans parler des tentatives de suicide, une tous les dix jours, et des 300 démissions annuelles. Cela et l’incertitude concernant l’avenir du corps explique sans doute, et ce fut une première, la manifestation de 12.000 gardes civils, dont 3.000 en uniforme le 20 janvier dernier sur la Plaza mayor de Madrid, demandant leur démilitarisation. Un acte inimaginable il y a quelques années, devant lequel le pouvoir s’est montré une fois de plus désemparé.

 

La première réaction a consisté à ouvrir une procédure à l’encontre des représentants de l’un des syndicats des gardes, pour faute grave, accompagnée d’une mise à pied de 90 jours, ce que le corps prend excessivement mal. Il n’est pas le seul, puisque le Syndicat unifié de la Police vient de prévenir qu’en cas de sanction, ses affiliés descendront à leur tour, et en uniforme s’il vous plaît, dans la rue. Et les 130.000 militaires espagnols suivent l’affaire avec attention, comptant sur les gardes pour ouvrir une brèche et obtenir de meilleures conditions de travail, et une solde supérieure. Leurs chefs et ceux de la Garde civile ont passé ensemble deux ans à l’Académie générale militaire de Saragosse, ont suivi les mêmes cours d’Etat-major et pour les plus doués, ceux de l’Ecole supérieure des Forces armées. Cela crée forcément des liens.

 

Et comme si cela ne suffisait pas, un sergent de la caserne d’Intxaurrondo, cinq fois décoré pour avoir risqué sa vie, vient d’être à son tour mis à pied pour avoir arraché dans les rues de Saint-Sébastien une pancarte où était écrit « la Garde civile torture et assassine ». Comme quoi il n’y a pas qu’en France qu’on vit sur la tête. Cette fois l’affaire est sérieuse !

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 27 janvier 2007

J’ai déjà, le 6 septembre dernier, fait référence dans cette chronique aux excellents travaux du professeur Mikel Buesa, professeur à la Complutense et animateur de l’ « Observatoire de vérification de la violence terroriste », disséquant jour à jour les actions de l’organisation et de son entourage. Sa dernière livraison, couvrant les 9 mois de la trêve en trompe l’œil, est extrêmement révélatrice du marché de dupes imposé par la bande. Ce sont ces chiffres, incontournables, et ses conclusions qui à l’avenir devront être pris en compte par les chercheurs et les historiens. En voici les points principaux.

 

À aucun moment, ETA n’a baissé la garde. Ainsi l’impôt révolutionnaire a-t-il continué à être perçu auprès des hommes d’affaires basques et navarrais. Six vagues de lettres ont été envoyées à environ 300 chefs d’entreprise, exigeant une somme allant de 18.000 à 100.000 euros. Bénéfice engrangé : 1.350.000 euros. De même la kale borroka, la violence des rues, n’a-t-elle jamais cessée. Alors qu’elle s’élevait en 2004 à 19,6 actions par mois, elle atteint 31,5 l’année suivante et 28,8 en 2006 (259 actes). Les dégâts se montent pour les 9 mois à 2.428.800 euros. Et complaisance des autorités, la police basque, l’Ertzaintza, n’a procédé qu’à… 17 arrestations, dont aucune au premier trimestre, avant l’annonce du 22 mars.

 

Constat similaire pour le réarmement : en 2006, l’organisation a volé en France 68 véhicules, dont 50 pendant la trêve. L’assaut d’une armurerie lui a rapporté 344 pistolets, sans compter les munitions et les pièces de rechange. À partir de septembre, elle a testé de nouvelles bombes ventouses et s’est procurée du matériel électronique servant à faire exploser à distance des bombes. ETA disposerait d’environ 5,3 tonnes d’explosifs divers (chlorate sodique et poudre d’aluminium), de 20.000 passeports ou carnets véritables et du matériel pour y inclure de fausses identités, de deux machines pour fabriquer des plaques minéralogiques, de 30.000 plaques déjà embouties.

 

Les moyens matériels ne font pas tout. Alors qu’à l’automne dernier, la bande était exangue et forte d’environ 150 militants, elle pourrait dorénavant compter sur 516 hommes, disséminés en majorité sur le sol français. La majorité inexpérimentés, certes, mais plus déterminés que jamais car persuadés que c’est le gouvernement de Madrid qui est le responsable de l’échec des négociations, et encore plus, de l’éloignement de leurs rêves : la libération des prisonniers, le référendum d’autodétermination, l’indépendance.

 

Depuis la publication des résultats de l’Observatoire, la situation ne s’est guère améliorée : à Gérone a été arrêté le « libéré » (c’est-à-dire fiché par la police et rétribué par ETA) Iker Aguirre, chargé de préparer un attentat à Valence, où se tiendra la Coupe America de voile. Les services sont convaincus que les jeunes recrues ont reçu des cours portant sur l’utilisation d’un nouvel explosif concocté par les artificiers étarres, l’ « anfoal », qui ne tardera pas à être employé. Quant aux 344 pistolets volés, ils auraient été répartis en trois tiers : un vers les commandos installés en Espagne, un (les Smith&Wesson 38 mm peu prisés par les terroristes) vers le marché noir pour gonfler la cagnotte, et un disséminé dans plusieurs planques, en France. Conclusion des experts : ETA commettra un attentat avant les élections de mai prochain. Conclusion de Zapatero : « nous sommes peut-être dans la phase finale d’ETA ». Comme quoi l’angélisme a ses limites.

 

Si vous désirez posséder l’étude complète de Buesa, en voici le lien : http://www.hispanidad.com/imagenes/cartas/Quinto%20Informe%20de%20verificaci%F3n-Buesa.pdf Elle est en espagnol, réellement instructive et hélas, froidement réaliste.

 

Par Jean Chalvidant - Publié dans : chalvidant
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus