L'avertissemnt d'Al-Quaeda

Publié le par Jean Chalvidant

L’information n’a pas été développée en France, mais elle fait grand bruit outre Pyrénées : l’Espagne est toujours dans la ligne de mire d’Al-Quaeda. Mais cette fois, plus question de revendiquer les territoires perdus en 1492, ou de fustiger la présence de troupes espagnoles en Iraq, mais celle en Afghanistan. Bien réelle, celle-là.

Drôle de mission que celle des militaires espagnols : envoyés à l’origine en Afghanistan dans le cadre de l’ISAF (Force internationale d’Assistance à la Sécurité), la mission de reconstruction des Nations Unies menée par l’OTAN, et sur le papier éloignés des taches combattantes, réservées aux Américains et leur « Liberté durable ». Ils ont vité déchanté, découvrant ce que José Antonio Alonso, leur ministre de tutelle qualifie de véritable « nid de guèpes ». Car les pertes s’enchainent : en août 2005, un hélicoptère Cougar s’écrase à Herat, faisant 17 morts. Deux ans auparavant, un Yakovlev 42-D s’était crashé avec 62 soldats à bord. Deux accidents aériens sans rapport avec les opérations. Plus près de nous, le 8 juillet saute sur une mine le parachutiste d’origine péruvienne Jorge Arnaldo Hernández, tout comme le 22 février dernier, une militaire, Idoia Rodríguez Buján. La première femme soldat à mourir en mission à l’étranger.

Dans la Péninsule, on s’interroge sur la finalité de la mission : les 690 militaires espagnols implantés en Afghanistan accomplissent-ils une mission humanitaire ou sont-ils impliqués à leur corps défendant dans les combats ? Auquel cas ils ne bénéficient pas du matériel adapté. Pourtant, la Brigade légère aéroportée (BRILAT), provenant de Figueirido (Pontevedra) serait opérationnelle du jour au lendemain. D’autant plus qu’elle peut compter sur les 150 légionnaires du Tercio Juan de Austria, spécialistes du déminage, qui l’ont rejointe au printemps dernier sur les bases de Herat et dans la province de Badgis à Qala i Naw. Mais l’ordre est inchangé : on n’intervient pas dans les opérations offensives.

Cette passivité n’est pas plus du goût d’Al-Quaeda que la présence des 19.000 autres soldats venant de 26 pays de l’OTAN. Le 10 mars dernier, elle vient de diffuser sur un canal d’Internet appelé La voix du Califat, créé en septembre 2005, une vidéo sur laquelle apparaît un homme cagoulé lisant un communiqué. L’avertissement s’adresse en priorité aux dirigeants autrichiens : « Ne suivez pas l’exemple du gouvernement socialiste en Espagne, qui a trompé son peuple en retirant ses troupes d’Iraq pour envoyer 600 soldats en Afghanistan… Les pays d’Islam sont une même nation, et le gouvernement espagnol, avec cet envoi de troupes, met de nouveau son pays en danger. »

Un peu plus loin, le numéro deux d’Al-Quaeda, l’Egyptien Ayman al Zawaheri, en remet une couche : « Si nous avons la sécurité, vous l’aurez aussi. Et si nous sommes frappés et tués, vous aussi serez frappés et tués. » Voilà l’Espagne prévenue. Zapatero a cru se tirer du guépier iraquien et se retrouve désormais englué dans un conflit lointain, dans lequel son pays ne joue qu’un rôle vaguement humanitaire et totalement insignifiant. Fasse que les menaces des islamistes ne soient que des chiffons rouges agités à tort et à travers…

Publié dans chalvidant

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Choukrane el Roud 14/03/2007 22:40

Il n'y a qu'à laisser les pays d'Europe se faire occuper par les Musulmans, comme cela vous aurez la paix, et nous régnerons sur vous avec bienveillance et justice. L'Espagne n'était-elle pas plus heureuse quand nous la dirigions ?