Premier remaniement
À 10h ce matin, le président Zapatero en personne a annoncé, après deux ans de mandat, son premier remaniement ministériel. Si le remplacement de María José San Segundo par Mercedes Cabrera Calvo-Sotelo (nièce de l'ancien président centriste) à la tête de l'Ēducation nationale n'appelle pas de commentaire particulier, il n'en va pas de même pour les deux autres changements.
Ainsi le titulaire de la Défense, le populiste José Bono a-t-il demandé à être déchargé de ses fonctions, ce qui ne trompe personne, car il s’était opposé à plusieurs reprises au nouveau statut de la Catalogne et voyait d’un mauvais œil la dérive républicaine et sectaire du gouvernement. L’événement est d’importance, car Bono est considéré comme le seul capable demain d’assurer la relève à gauche, si son chef de file s’effondre. Il sera remplacé par l’ancien titulaire de l’Intérieur, ami intime et frère en maçonnerie, José Antonio Alonso, jugé un peu court à l’heure d’entreprendre des négociations avec ETA.
Le grand bénéficiaire de ce mini chamboulement est sans conteste Alfredo Pérez Rubalcaba, jusqu’alors porte-parole du groupe parlementaire socialiste et surtout démineur en chef de Zapatero. C’est lui qui lors des événements d’Atocha en mars 2004 avait inventé le concept du « mensonge d’Etat » permettant au PSOE de remporter les élections, lui encore qui avait mené les conversations avec les parlementaires catalans. Sa nomination à ce ministère clef laisse à penser qu’il sera de ceux qui mèneront les conversations avec l’organisation basque. Son sens de la rhétorique, son souci de la précision, sa capacité d’aller à l’essentiel et surtout son intransigeance très dogmatique seront dans les semaines qui viennent d’une grande utilité à Zapatero.