ETA n'a renoncé à rien
Par des biais compliqués, le dernier numéro de la publication interne de l’organisation vient de nous parvenir. Une livraison particulièrement attendue après l’annonce de la trêve et qui ne nous déçoit pas. Le ton n’a guère changé, il est toujours aussi dur, et ETA part aux négociations avec la volonté de ne rien concéder, avertissant que le chemin emprunté « peut avoir des hauts et des bas, ainsi que des moments de rupture ». En résumé :
- ETA entend « assumer le processus jusqu’à la fin », en prévenant que si l’autre partie n’en a pas la volonté, « il faudra la combattre ». Ce qui en langage étarre ouvre des perspectives préoccupantes. Ajoutant : « Si nous n’obtenons pas d’ouverture concrète, ou si des décisions courageuses ne sont pas prises, faisant pourrir le processus, nous n’irons pas au-delà. »
- Les conditions initiales de la bande incluent l’amnistie pour la totalité de ses prisonniers, précisant qu’il ne s’agit pas seulement d’une question technique, ainsi que l’expulsion des différentes forces armées espagnoles (police ou Garde civile), tout comme la fermeture des corps spéciaux de l’Ertzaintza, concrètement ceux combattant en particulier le terrorisme.
- La traditionnelle revendication territoriale est réaffirmée. Il ne s’agira pas seulement de parler des trois provinces basques traditionnelles (Guipúzcoa, Alava et Biscaye), mais bien d’inclure dans ledit processus la Navarre et les trois régions françaises du Labourd, de la Soule et de la Basse-Navarre.
- Tout comme l’insistance est mise sur l’implication des gouvernements espagnol et français, qui doivent se montrer garants des futurs accords.
Conclusion : il n’est toujours pas question de cessez-le-feu et ETA campe sur son discours traditionnel. La seule question est de savoir jusqu’où Madrid veut aller. Et là, c’est le flou complet. On n’est pas au bout du chemin !