On siffle la mi temps

Publié le par Jean Chalvidant

Voila tout juste deux ans que José Luis Rodríguez Zapatero occupe le palais de la Moncloa. Il lui en reste donc deux autres avant de retourner devant les électeurs. L’occasion de dresser un premier bilan de celui qui est présenté par ses adversaires comme le plus mauvais président de la démocratie, et par les siens comme le porteur des valeurs de la modernité. Tableau des réussites et des échecs :

 

Au positif

 

- Le retrait des troupes d’Irak, où d’ailleurs l’Espagne a joué un rôle anecdotique.

- La trêve d’ETA.

- La loi sur la maltraitance domestique.

- La loi sur l’éducation.

- La réduction du délai de divorce.

- L’économie, avec + 18 % de dépenses sociales, atteignant 50,2 % du budget de l’Ētat.

- La réduction du chômage à 8,7 %, le plus bas depuis 28 ans. L’emploi espagnol croît deux fois plus vite qu’en Europe.

- La cession de 7,5 millions de m2 de terrains destinés à la construction d’habitat protégé ou d’équipement public.

- Son caractère bien trempé et décidé : le PSOE est à sa botte et ses hommes, Rubalcaba, Alonso, Blanco, aux postes clefs. Tandis que ses concurrents dans l’appareil sont marginalisés (José Bono, Felipe González).

- Son sens de la manœuvre parlementaire : ne possédant pas la majorité absolue, il a épuisé l’ERC avant de se tourner vers la CiU, les centristes catalans.

 

En demie teinte

 

- La régularisation de 700 000 immigrants sans papiers, créant un appel d’air visible à Melilla ou aux Canaries.

- Le mariage gay. On aime ou on n’aime pas.

 

Au négatif

 

- Le contrôle des médias, presse, radio et télévision, via le groupe Prisa.

 

- Son manque de clarté sur le dossier basque. Jusqu’où est-il prêt à aller ?

- L’absence de politique étrangère lisible. Et l’inexistence de relations avec les Ētats-Unis.

- La rupture du pacte antiterroriste, même s’il y a du mieux depuis le 24 mars.

- L’opposition frontale avec l’Ēglise et l’Armée, piliers traditionnels de l’Ētat.

- Le réveil des nationalismes en Catalogne et en Galice, susceptibles de créer une balkanisation à terme de l’Espagne.

- La volonté de réhabiliter la II République, imprésentable, et son souci constant d’opposer une Espagne à une autre.

- Et celle de réécrire l’Histoire de la Guerre civile et du franquisme, une période heureusement oubliée de tous, au risque de rouvrir d’anciennes blessures. Felipe González s’en était soigneusement gardé.

 

Le traitement du docteur Zapatero semble donner des résultats, du moins électoraux, puisque le PP, après l’annonce d’ETA, se retrouve avec 8 points dans la vue. Mais contrairement à ce qu’il affirme avec aplomb, l’Espagne sous son mandat n’est pas devenue meilleure. Ce n’est pas lui faire injure que de constater qu’il est le président le plus sectaire de la jeune démocratie. Ainsi que le notait ce matin avec dépit Pablo Sebastián, il y a aujourd’hui « un peu moins d’Espagne. C’est logique et naturel, car entre autres, il y a moins de liberté. »

 

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Publié dans chalvidant

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