Ces nouveaux Espagnols

Publié le par Jean Chalvidant

Qu’on ne compte pas sur moi pour disserter sur le thème de « l’immigration, plaie ou chance de l’Espagne ? ». Le sujet, si vif et polémique en France, le devient chaque jour davantage dans la Péninsule ; on se souvient des images tragiques de ces clandestins sub-Sahariens tentant de sauter les barbelés de Melilla en octobre dernier. On a depuis rehaussé la hauteur des murs, provoquant une nouvelle entrée autrement dangereuse par l’océan, depuis les plages mauritaniennes de Nuadibu jusqu’aux Canaries sur des radeaux de fortune, les pateras. Les autorités ont du bout des lèvres concédé le 20 mars dernier qu’en sept ans, 100.000 immigrants étaient parvenus à entrer en Espagne par ce moyen. Un chiffre effrayant et révélateur.

 

Devant l’ampleur du phénomène, le nouveau gouvernement socialiste décida en 2004 de régulariser plus de 700.000 personnes, créant un appel d’air dont on ne mesure pas encore les conséquences. Conséquences de frontières passoires et d’effet Schengen, l’Espagne est aujourd’hui confrontée à un problème inconnu dix ans plus tôt : l’immigration. Qu’on en juge : officiellement, on compte 3.730.610 étrangers (8,46 % de la population), qui se répartissent de la manière suivante :

Catalogne : 798.904 (11,42 %)

Madrid : 780.752 (13,09 %)

Valence : 581.985 (12,40 %)

Andalousie : 420.207 (5,35 %)

Canaries : 222.260 (11,29 %)

Murcie : 165.016 (12,35 %)

Baléares : 156.270 (15,90 %)

Castille la Manche : 115.223 (6,08 %)

Aragon : 96.848 (7,63 %)

Castille & Leon : 91.318 (3,64 %)

Pays basque : 72.894 (3,43 %)

Galice : 69.363 (2,51 %)

Navarre : 49.882 (8,41 %)

La Rioja : 31.075 (10,32 %)

Asturies : 26.797 (2,49 %)

Estrémadure : 25.341 (2,34 %)

Cantabrie : 20.547 (3,65 %)

Ceuta : 3.037 (4,03 %)

Melilla : 2.891 (4,41 %)

 

Les nationalités, selon l’INE proviennent :

Maroc : 511.294

Equateur : 497.799

Roumanie : 317.366

Colombie : 271.239

Royaume Uni : 227.187

Argentine : 152.975

Allemagne : 133.588

Bolivie : 97.947

Italie : 95.377

Bulgarie : 93.037

Chine : 87.731

Pérou : 85.029

France : 77.791

Portugal : 66.236

Ukraine : 65.667

République dominicaine : 57.134

Brésil : 54.115

Venezuela : 49.206

Algérie : 46.278

Cuba : 45.009

 

Nous reviendrons prochainement sur les problèmes que cette nouvelle immigration, en majorité latino-américaine, ne manquera pas de provoquer en Espagne : déracinement, assimilation, mixité culturelle, travail, chômage, délinquance. Remarquons simplement aujourd’hui que le droit de vote aux élections autonomes a été concédé à 978.245 d’entre eux. Soit 58 % d’augmentation par rapport au scrutin de 2003 (619.142). Et avec, à partir du 1er janvier 2007, l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne, 350.000 nouveaux électeurs de ces deux pays auront le droit d’agiter leur bulletin de vote. Au total, on prévoit qu’aux prochaines élections, 1.350.000 étrangers auront le droit de voter, soit une hausse de 115 %. Quand on sait que les majorités se dessinent à quelques dizaines de milliers de voix près, on soupèse toute l’importance de ces nouveaux Espagnols.

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Publié dans chalvidant

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