Problèmes de logement

Publié le par Jean Chalvidant

Bien que ce blog soit très lu (vous êtes plusieurs centaines à y avoir souscris, merci et j’espère qu’il vous est utile), je n’aurai pas la vanité de penser que je suis pour quoi que ce soit dans la décision de Reporters sans frontières d’inclure de nouveau ETA dans sa liste des organisations « prédatrices de la liberté de la presse ». RSF parle d’action prématurée, ce qui est le terme adéquat, car si tous nous souhaitons que le cancer terroriste disparaisse du Pays basque, la situation devient pesante et la récente interview de la bande est la preuve qu’elle n’entend renoncer à rien, à commencer par la perception de l’impôt révolutionnaire. La paix est au bout du fusil, le dicton est plus que jamais valable.

 

Passons à un thème tout aussi préoccupant, encore que peu développé. Un chiffre dévoilé la semaine dernière par le syndicat ACAIP a attiré mon attention, car il est révélateur d’une situation critique dans cette Espagne apaisée du XXI siècle : en 2005, les prisons ibériques ont accueilli 1.679 personnes. Et du 1er janvier au 5 mai 2006 : 1.875. Soit une augmentation de 170 %... Cela signifie qu’il y a deux prisonniers pour une seule place. Si la tendance se poursuit, nous arriverons en cette fin d’année à 5.500 nouveaux prisonniers, ce qui posera des problèmes insolubles pour les accueillir. Bien sûr, un centre pénitentiaire ouvrira ses portes au Puerto de Santa María (Cadix) au premier trimestre 2006, mais ses 1.008 places seront à ce rythme vite occupées. Quant à la prison de Estremera (Madrid), elle ne sera pas construite avant fin 2007, autrement dit, à la Saint Glinglin.

 

L’ancien ministre de l’Intérieur, José Antonio Alonso, avait pris le problème à bras le corps et fait approuver en novembre dernier un projet visant l’édification de 11 nouvelles prisons à l’horizon 2012, avec une capacité de 18.000 places. Des chiffres qui s’avèrent d’ores et déjà insuffisants face à la délinquance endémique que vit notre voisin. Et un projet reste une intention, comme Pierre Bédier, l’éphémère secrétaire d’Etat français chargé du même problème avait dû s’en rendre compte. Il faut reconnaître également que le durcissement du code pénal espagnol a eu comme conséquence de prolonger durablement les peines endurées par les prisonniers. À noter que la population étrangère (Maghreb et Amérique latine) grossit d’un tiers la cohorte des détenus. Et ce phénomène est nouveau.

 

Encore un paradoxe de cette Espagne plurielle : tandis que les jeunes générations s’endettent à vie pour s’offrir un mini logement dans un clapier des nouvelles cités-dortoirs, les prisonniers connaissent également la crise du logement. Bien plus cruelle, celle-là. Gare à l’explosion.

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Publié dans chalvidant

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