Ca continue à bouger

Publié le par Jean Chalvidant

Ce n’est pas le tout de rédiger une chronique, encore faut-il tenter d’aller au fond des choses, et vous tenir informés de la suite des événements que je vous narre chaque semaine. Car le propre de l’actualité, c’est qu’elle bouge sans cesse. Aussi voici ce qu’il est advenu sur plusieurs dossiers évoqués ici :

 

Extrême droite : la dernière illustration de son peu de poids sur la scène politique vient encore une fois d’être démontrée dimanche dernier lors des élections régionales de Catalogne. Alors que le parti ayant recueilli le plus de voix est CiU avec 928.511 suffrages (31,52 %), la coalition d’extrême droite Alternativa Española et Democracia Nacional obtient 2.529 voix (0,09 %) et le MSR, qui montait seul au combat, 1.023 voix et 0,03 %.

Elections en Catalogne : la solution du « tripartisme » englobant le Parti socialiste catalan, ERC et ICV-Els Verts (soit 70 députés, la majorité absolue) a toutes les chances de s’imposer, ce qui ferait de José Montilla le Président de la Generalitat et de Carod-Rovira, d’ERC, son vice président. Le gagnant dans les urnes, Artur Mas et la CiU retournant à l’opposition, tant à Barcelone qu’à Madrid. Comme quoi on peut être à la fois gagnant et perdant. Une répétition de la situation de 2003.

Négociation avec ETA : dans le dernier numéro (le 111) de son bulletin intérieur « Zutabe », ETA prévient que le processus sera rompu si le gouvernement de Madrid et les partis politiques ne font pas des avancées décisives. Et une menace qui nous touche plus directement : la gauche abertzale doit ouvrir « une nouvelle phase de lutte face à l’Ētat français pour qu’il ne se dérobe pas devant le conflit. »

De Juana Chaos : le sicaire d’ETA a décidé le 9 octobre de cesser sa grève de la faim entamée le 7 août. Soit 63 jours. Alors qu’il encourait une peine de 96 ans supplémentaires de détention, le juge Fernando Burgos a finalement proposé une condamnation de 13 ans, pour un délit de « menaces terroristes ». À l’audience, le militant d’extrême droite Ricardo Sáez de Ynestrillas, fils d’un commandant assassiné en juin 1986 par le commando de l’accusé, le prit à partie en ces termes : « José Ignacio, regarde-moi en face, regarde-moi les yeux dans les yeux, je suis Ynestrillas. Regarde mes yeux, car ce seront les derniers que tu verras… » Aux dernières nouvelles, qui remontent à ce matin, il a recommencé une nouvelle grève de la faim.

Attentat de Madrid, ETA n’y est pour rien : l’acte d’accusation est désormais prêt et le procès est prévu pour février 2007. En dépit de la volonté – qui tire à l’obsession – de certains leaders de la droite de mêler ETA à l’attentat d’Atocha, les conclusions du magistrat instructeur sont claires : l’organisation terroriste n’est en rien responsable de la tragédie, qui fit 192 morts le 11 mars 2004.

10.000 émigrants morts, un chiffre effarant : le nombre de victimes ayant essayé de parvenir par la mer aux Iles Canaries est bien plus élevé que ce que l’affirme le gouvernement. Les Nations Unies ont calculé qu’un tiers des cayucos (radeaux) partant de la côte africaine n’arrive pas à destination. Etant donné que le chiffre officiel des arrivées est de 30.000 personnes, cela signifie qu’au moins 10.000 sans papiers ont disparus dans les eaux de l’Océan.

 

Pour le reste, laissez le temps au temps, et comptez sur moi pour vous tenir au courant !
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