La Navarre, solution et surtout, problème
On ne le redira jamais assez : après la période d’euphorie consécutive au communiqué d’ETA annonçant une trêve permanente (qui a déjà du plomb dans l’aile), les difficultés commencent. Nous reviendrons sur les premières demandes, circonstancielles, de l’organisation, telles que la reconnaissance de Batasuna sous une autre appellation, le rapprochement des prisonniers, puis leur élargissement. Cela fait partie d’un troc et ne devrait pas, sur le fond, poser de difficultés si la paix est au bout du fusil.
Plus préoccupantes sont les revendications de fond de la bande, qui n’a renoncé à aucune de ses exigences de base en particulier l’indépendance d’un vaste Pays basque, incluant les trois régions françaises de la Soule, du Labourd et de la Basse Navarre, et la Communauté forale de Navarre, qui dans sa grande majorité, est vigoureusement hostile à un tel projet. Ses habitants se souviennent qu’ETA y a assassiné 14 gardes civils (dont le général Juan Atares), 12 policiers, 3 militaires et 10 civils, dont 3 hommes politiques, Jesús Ulayar Liliaga, l’ancien maire de Etxarri Aranaz, José Javier Múgica Artibia, conseiller municipal UPN de Leiza et Tomás Caballero Pastor, conseiller UPN à la mairie de Pampelune.
Hier, l’un des dirigeants de Batasuna, Patxi Urrutia en a remis une couche en déclarant qu’il « n’existe aucune possibilité de résoudre le conflit sans la Navarre », ajoutant qu’elle est « la colonne vertébrale d’Euskal Herria… Sans la Navarre, Euskal Herria n’a pas de fondements sur la carte ». Et il a aussi appelé le Parti socialiste de Navarre, ainsi que le PS français à la rescousse (il faudra qu’on m’explique pourquoi).
Selon des rumeurs de plus en plus tenaces, le cas de la Navarre serait d’ores et déjà réglé par José Luis Rodríguez Zapatero, qui inclurait ce territoire dans un référendum d’autodétermination autorisé à l’horizon 2010. Le temps de modifier la Constitution car elle ne prévoit pas ce type de consultation, et surtout, comme le disait feu son homologue français, de laisser du temps au temps, afin que les Navarrais s’habituent à une telle éventualité. Il pourrait compter pour ce projet sur le PSN, les socialistes locaux, ainsi que sur Nafarroa Bai (Navarre Oui) intégrant EA, Aralar, le PNV et sur une scission de Batasuna appelée Batzarre. On se retrouverait donc dans le cas de figure imposé par ETA : « Euskadi sera ce que décident les Basques » ; il est vrai que la Constitution de 1978 dans sa disposition transitoire, a laissé la porte ouverte, en permettant à la Navarre d’intégrer Euskadi si les Navarrais l’approuvent suite à un référendum. Décidément, l’Histoire s’emballe en ce moment. Et ETA, avec ses 200 militants et ses 150.000 affidés semblent l’emporter sur toute la ligne. Il est vrai qu’en face, ça manque un tantinet de conviction et de colonne vertébrale !
Les hommes : Le directeur de la Garde civile nommé en 2004, Carlos Gómez Arruche sera remplacé demain par le directeur des infrastructures au ministère de la Défense, et ancien député socialiste des Baléares, Joan Mesquida ●●● Décès suite à un infarctus de Jokin Gorostidi Haritza, condamné à deux peines de mort au procès de Burgos et époux de l’ancienne dirigeante de HB Itziar Aizpurua. Il fut l’un des fondateurs de Herri Batasuna ●●● Le nouveau président du Real Madrid, Fernando Martín démissionne, deux mois seulement après son élection et est remplacé par le doyen d’âge, Luis Gómez Montejano jusqu’au prochain scrutin, prévu avant l’été. Favori : l’ancien pilote de rallyes Carlos Sainz ●●● Carmen Martínez Bordiú, petite-fille du général Franco annonce son prochain mariage (ce sera le troisième) avec José Campos ●●●