ETA cherche argent - Désespérement
Il s’appelle Ibon Meñika Orue-Etxevarria. Comme son nom l’indique, il est Basque, vient à peine de sortir de l’adolescence et depuis la semaine dernière, il dort sous les verrous. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, puisqu’il avait déjà fait un séjour de neuf mois et demi en prison pour appartenir au mouvement Jarrai. Il en était sorti en réglant la somme de 30.000 euros. « Mes parents s’étaient portés garants, dit-il, mais l’argent a en réalité été payé par la gauche abertzale de Zamudio ». De quoi est-il aujourd’hui accusé ? D’être l’un des responsables de Ekin en Biscaye, le bras politique d’ETA. Et surtout, d’avoir vendu des coupons permettant à l’organisation de se financer, contre un défraiement personnel de 500 euros.
Car la bande connaît en ce moment une passe financière difficile. L’argent de l’impôt révolutionnaire ne rentre plus, car les chefs d’entreprises ne craignent plus –pour l’instant- de recevoir un tir dans la nuque. De plus, les Herriko tabernas, ces tavernes du peuple créées par Batasuna ont presque toutes été fermées par le juge Garzón. Quant aux sociétés servant de cache-nez, du type Gadusmar, Itxas Izarra ou Uralde, elles ne sont plus opérationnelles. D’où la nécessité pour ETA d’inventer une nouvelle forme de financement pour trouver les 120.000 euros dont elle a besoin chaque mois pour couvrir a minima les frais de ses hommes : le coupon militant. On est désormais bien loin des millions engrangés lors des années fastes, que l’universitaire basque Miguel Buesa situe à hauteur de 24 millions d’euros. Ceux-là doivent faire des petits dans leur coin avec l’aide des banques étrangères et du CAC 40.
Il s’agit donc de coupons en couleurs portant l’anagramme d’ETA, avec le serpent entortillé sur une hache et la phrase « Bon d’aide économique pour ETA » que l’on trouve dans les txoznas (les cahutes dans les foires), les fêtes de village ou ce qui reste des Herriko tabernas. Au verso : « Tous, nous devons donner quelque chose pour que quelques uns ne soient pas obligés de tout donner ». Prix de vente unitaire : entre 10 et 60 euros. Il semblerait qu’il en ait été imprimé 1.200, pour une valeur totale de 72.000 euros. Ce qui fait tout de même penser que, du moins économiquement, ETA est au bout du rouleau.
Ne croyez pas pour autant que le système fonctionne mal : lors de son arrestation, Ibon en avait déjà vendu à lui tout seul pour 5.400 euros…