A quoi ressemble l'Espagnol moyen ?

Publié le par Jean Chalvidant

Il faut se méfier des raccourcis, au risque de tomber dans la caricature ou le trait tordu, mais l’étude menée par le Centro de Investigaciones Sociologicas (CIS) intitulée « Classes et structure sociales de l’Espagne » est tout bonnement passionnante. En résumé, l’Espagnol moyen est marié (55,4 %), catholique (76,9 %), vote PSOE à 30 %, possède un travail (47,3 %), touche 1.122 euros nets chaque mois et possède un bien immobilier (82,8 %).

 

On y apprend aussi bien d’autres choses : ainsi, que la profession de juge est moins appréciée que celles de maçon, informaticien, plombier ou écrivain (sur ce dernier point, c’est bien jugé). Perte de prestige également pour les avocats et les militaires. En revanche médecins et infirmières recueillent la meilleure évaluation. Au 1er janvier 2005 vivaient en Espagne 37.389.399 personnes âgées de 16 ans et plus, dont 93,4 % sont espagnoles, des femmes en majorité (51,3 %) dont une sur cinq a entre 25 et 34 ans. Deux Espagnols sur trois habitent en couple, quoique pas forcément mariés (55,4 %), ce qui laisse supposer que quasiment 3 millions de personnes ont recours au concubinage. 4,2 sont séparés ou divorcés et 33,4 % célibataires. La moyenne d’enfants par couple est de 1,51, ce qui est un chiffre exact mais toujours cocasse à comprendre.

 

L’Espagnol moyen vit plutôt commodément : il possède 3,14 chambres (j’adore les virgules en cette circonstance), pour 3,17 (idem) personnes vivant à son foyer. Il vit exclusivement de son salaire, encore que 6,8 % possède des actions en bourse ou dans des entreprises et 16 % des placements d’épargne. En ce qui concerne ses rentrées financières, son salaire moyen net se situe donc à 1.122 euros, encore que 7,4 %, soit 2.766.000 personnes ne perçoivent pas plus de 600 euros chaque mois. Heureusement, l’immense majorité, 82,8 %, est propriétaire, un Espagnol sur six comptant même une résidence secondaire. L’enquête ne précise pas leur endettement, ce qui est dommage mais fera l’objet de ma part d’une prochaine chronique, car le taux devient aberrant autant qu’inquiétant. Enfin, 1,7 % sont carrément analphabètes, 5,3 n’ont fait que peu d’études bien qu’ils sachent lire et écrire.

 

L’enquête pose également des questions concernant la politique et donne à choisir entre jouir de droits civils (droit à la propriété privée et à l’intimité), politiques (liberté d’expression, association politique et vote) ou sociaux (droit à l’éducation et à une maison). C’est cette dernière option que plus de la moitié choisit. Et une fois que notre Espagnol moyen s’est intéressé à la politique, il est davantage séduit par un programme électoral que par  l’image ou le charisme des candidats. 30 % penchent (actuellement) pour le Parti socialiste, contre 18,6 % pour le PP. La religion recueille une meilleure adhésion, 76,9 % se disant catholiques, dont 17 % assistent chaque semaine à la messe, 22,7 de temps en temps et 37,2 % ne pratiquent jamais.

 

Un peu plus de 6 % de la cible est constitué d’étrangers. La majorité (35,4 %) vient d’Equateur, du Maroc et de Roumanie. Dernier chiffre, il n’y a sur le sol espagnol que 0,8 % de Chinois. Dommage, parce que la cuisine chinoise est meilleure que la roumaine !
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