Le PSOE antisémite ?

Publié le par Jean Chalvidant

Je n’aimerais pas être à la place du ministre espagnol des Affaires étrangères (ça tombe bien, on ne me le demande pas). Miguel Ángel Moratinos doit en effet faire feu de tous bois, si j’ose dire, pour éteindre les incendies provoqués par ses compagnons de parti. Ainsi le conflit libanais est-il le prétexte pour la classe politique espagnole à toutes les imbécillités, et à tous les excès.

 

Commençons par le primus inter pares, le président José Luis Rodríguez Zapatero en personne, qui n’a rien trouvé de mieux que de se faire photographier à Alicante le cou entouré d’un foulard palestinien, la « kufiya » alors que les bombes tombaient sur Tyr et Saïda. Et par ces températures, ce n’était certainement pas pour protéger sa gorge des frimas. Le monde arabe a salué le geste, rappelant que depuis Franco, l’Espagne était une alliée fidèle, tandis que l’ambassadeur d’Israël à Madrid, Victor Harel, mangeait son chapeau –en l’occurrence sa kippa- en silence. Juste une provocation, un enfantillage ou un geste d’inconscience, pensera-t-on. Pourquoi alors faut-il que quelques jours plus tard, le patron de l’appareil socialiste, José Blanco déclare qu’Israël répond de façon disproportionnée et tue des civils intentionnellement ?

 

Et là, on n’est plus dans la gaffe, mais dans l’analyse politique, ce qui est plus profond et donc plus grave. Harel, indigné, déclare qu’il s’agit de « la déclaration la plus infâme » qu’il ait entendu ces derniers jours, et qu’elle le laisse sans voix. Quelques jours auparavant, l’éternel prétendant socialiste à la mairie de Madrid, Rafael Simancas, avait appliqué une première couche, en qualifiant l’Ētat hébreu de « génocidaire », un terme qu’à Tel Aviv on utilise généralement à d’autres souvenirs douloureux. Devant l’indignation générale, Blanco s’est résolu à appeler l’ambassadeur pour l’assurer qu’il avait commis une erreur et qu’il fallait désormais regarder l’avenir, que nos deux nations, que l’amitié indéfectible, bla bla et embrassons-nous, Folleville.

 

Tout semblait donc réglé dans la plus parfaite hypocrisie lorsque patatras, le PSOE plus pataud que jamais se met à démentir que Blanco le balourd ait reconnu sa faute lors de la conversation téléphonique. Autrement dit, on joue gagnant des deux côtés : les pro Palestiniens ne se souvenant que du coup de menton de Blanco, les pro Israéliens ne voulant voir que la repentance. Le ratissage idéologique à 180°, le niveau zéro de la politique.

 

Est-ce que pour autant le PP a sauvé l’honneur espagnol ? Bien sûr que non. Dans ce bateau qui prend de plus en plus l’eau, les dirigeants du Parti populaire appuient sans état d’âme Israël, fidèles à leur côté va-t-en guerre qui les avait conduit à soutenir George W. Bush dans son offensive irakienne. Face à leurs électeurs qui ne comprennent pas cet aveuglement. Car l’opinion publique, tant à droite qu’à gauche, est très clairement opposée à l’offensive israélienne. Quant à Aznar, à qui l’on ne demande rien, il déclare que dans le cas où Israël ferait partie de l’OTAN, comme il le souhaite, l’Alliance pourrait alors bombarder le Liban. Belliciste un jour, belliciste toujours.

 

Voila pourquoi le chancelier espagnol, Moratinos, court partout avec son seau d’eau pour éteindre les flammes. Qu’il emprunte plutôt une citerne, car les incendiaires sont dans sa propre maison et parti comme c’est…

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Publié dans chalvidant

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