Cherche extrême droite. Désespérément

Publié le par Jean Chalvidant

Certains d’entre vous me demandent de consacrer une chronique à l’extrême droite espagnole. Ce que je fais bien volontiers, encore qu’il y ait peu de choses à écrire ! J’avais un temps  envisagé de faire un livre sur les nostalgiques de José Antonio, mais y ai renoncé devant le peu de matière à disposition. Car après trente six ans de franquisme, rares sont ceux qui se revendiquent aujourd’hui officiellement de cette appellation. Néanmoins, dressons le constat.

 

Si l’on en juge par ses résultats électoraux, l’extrême droite espagnole ne représente plus rien : ainsi aux dernières élections législatives de mars 2004, l’ensemble des votants pour ce courant atteint péniblement les 26.201 dans toute l’Espagne, l’assistance moyenne d’un match de football Le Mans-Sochaux… La faute sans doute au manque de thèmes mobilisateurs : l’immigration, fer de lance de Le Pen en France, est un phénomène nouveau sur la Péninsule et peu en ont encore saisi les enjeux. La défense des valeurs traditionnelles, ou la sécurité et la justice n’étant que peu repris par le peuple espagnol, plus préoccupé de l’arrêt de la violence d’ETA ou le chômage (51 % selon l’enquête du CIS d’octobre 2005).

 

Malgré cela, une vingtaine de groupes, se revendiquant pour l’essentiel des idéaux de la Phalange, se partagent ce micro marché. En voici les dix principaux, si j’ose dire, par ordre alphabétique :

Alternative espagnole : un groupe catholique, dont le président d’honneur est l’ancien chef de Fuerza nueva, aujourd’hui disparue, Blas Piñar.

Démocratie nationale : groupe fondé en 1994 sur le slogan « Les Espagnols d’abord », ayant obtenu aux élections de 2004 15.180 voix (0,06 %). Président : Manuel Candela.

Espagne 2000 : ouvertement raciste et implanté surtout au Levant, c’est-à-dire la région de Valence et Alicante. Dirigé par José Luis Roberto.

FE-La Phalange : sans doute le plus dynamique, monté en 1998 et mené par José Fernando Cantalapiedra, qui obtient en mars 2004 10.311 voix (0,04 %).

FE de las JONS : mené par le vétéran Diego Márquez Horrillo, qui se défend d’être d’extrême droite. Une organisation sur le papier impressionnante, mais dont la moyenne d’âge de ses membres se situe bien au-delà des soixante printemps. Républicaine, elle affirme que « si nous arrivons au pouvoir, nous demanderons à sa gracieuse Majesté qu’elle se cherche un travail. »

FEI – Phalange espagnole indépendante : groupe très passéiste, qui se consacre à maintenir le souvenir de José Antonio et rendre des hommages publics aux figures de la Phalange.

MCE – Mouvement catholique espagnol : monté en 1981 par José Luis Corral et auteur en octobre 1983 d’une grosse manifestation contre l’avortement, réunissant 50.000 personnes. Son fait d’armes.

Mesa nacional falangista : constitué en février 2003, opposé à la guerre d’Irak, dont le secrétaire général est José González.

MSR – Mouvement social républicain : groupe atypique lancé en 2000, avec comme logo la même flamme que le MSI italien et le Front national français. A prôné le oui aux élections européennes.

Phalange authentique <FA> : se targue de représenter les véritables phalangistes, quoique ses détracteurs la surnomment la « phalange rose » devant ses prises de positions très molles.

 

Voila pour l’essentiel. Pour plus de densité, de chiffres et de renseignements, on se reportera avec profit à mon dictionnaire « L’Espagne de Franco à Zapatero » (Ed. Atlantica - 2006) où la place ne manque pas pour aller au fond des choses. Un peu de pub de temps en temps, ça ne fait pas de mal !

 

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Publié dans chalvidant

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