Allons z'enfants !

Publié le par Jean Chalvidant

Il n’y a pas que notre Marseillaise qui fait débat. L’hymne espagnol est lui aussi remis en question, mais pour une raison bien différente. Question à un franc, pardon, à un euro : êtes-vous capable d’en chanter ses paroles ? Une fois, deux fois ? Non, bien sûr, péchouillé, le lecteur. Pour une bonne raison : il n’en existe pas. Ce qui force nos voisins ibériques à fredonner ou à siflotter leur hymne. Ce qui manque singulièrement de tenue et de dignité.

Appelé à l’origine, en 1761, Marcha granadera, d’un auteur inconnu, il devient la Marcha real au temps de Carlos III en septembre 1770 et ne fut interdit que sous la II République (de 1931 à 1939) lorsqu’il fut remplacé par l’Hymne de Riego. Franco en fit de nouveau l’hymne national par un décret de février 1937, en pleine guerre. Mais revenons aux paroles, ou plutôt à leur absence : sous Alphonse XIII, Eduardo Marquina avait tenté de combler cette lacune, et composé ces paroles immortelles :

Gloria, gloria, corona de la Patria,
soberana luz
que es oro en tu Pendón.

 

Vida, vida, futuro de la Patria,
que en tus ojos es
abierto corazón.

 

Devant le peu d’enthousiasme, le poète José María Pemán y alla de son couplet dans les années quarante :

Viva España, alzad los brazos
hijos del pueblo español,
que vuelve a resurgir.

 

Gloria a la Patria que supo seguir
sobre el azul del mar el caminar del sol.

 

¡Triunfa España! Los yunques y las ruedas
marchan al compás
del himno de la fe.

 

Juntos con ellos cantemos de pie
la vida nueva y fuerte del trabajo y paz.

 

Triunfa España, alzad los brazos
hijos del pueblo español,
que vuelve a resurgir.

 

Un vrai bide. Depuis, l’Ētat espagnol a acquis en 1997 les droits d’exploitation de l’hymne, qui appartenaient aux héritiers du maestro Pérez Casas. Et il cherche depuis un auteur talentueux, capable avec de simples mots de galvaniser le peuple. Si le cœur vous en dit, à vos stylos !
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Publié dans chalvidant

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T
Bien qu'ayant appris très récément (coupe du monde de foot ball) qu'il n'y avait pas de paroles pour l'hymne espagnol j'en ai été très surpris. En effet j'ai toujours entendu ma mère, mes tantes etc.... le chanter pourtant cet hymne. Alors d'où viennent ces paroles ? (à priori pas celles citées ici en tous cas !).
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J
Chacun met ce qu'il veut, même des refrains à boire. Mais il n'y a pas de paroles officielles. Parole.
A
Nous au Mexique, on a des airs très bien : pourquoi ne pas nous emprunter : "Siete Leguas, el caballo que Villa mas estimaba...." ou bien  "la Cucaracha", qui a l'avantage d'être connue du monde entier, et comme l'Espagne actuelle semble se complaire dans les attaques de trains, les manaces de mort et les bombes,  ces chansons d'une époque explosive du Mexique seraient on ne peut plus convenables ....
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J
Chic, j'ai des lecteurs drôles. Bienvenue !