Le grand-père devient encombrant

Publié le par Jean Chalvidant

Un proverbe africain affirme que celui qui monte au cocotier doit avoir le derrière propre. Comment ne pas y penser en observant l’attitude de José Luis Rodríguez Zapatero, ne manquant aucune occasion de rappeler que son grand-père paternel, le capitaine Juan  Rodríguez Lozano, avait trouvé la mort des mains des nationalistes lors de la Guerre civile. C’est en sa mémoire qu’il a imaginé l’opération de récupération de la mémoire historique, consistant à rouvrir le débat dont personne ne voulait réellement vainqueurs-vaincus du conflit, et à mettre à jour les fosses communes, à grands renforts de pelleteuses et de géologues, dont un est même venu… du Japon. Et ne doutant de rien, il avait même affirmé à une jeune fille blessée par ETA, mutilée à vie,  qu’il savait ce que c’était que le terrorisme, puisque son grand-père en avait été victime. Cqfd.

 

Pourquoi faut-il que dans la vie, rien ne soit simple ? Car lundi dernier, dans le quotidien ABC, on pouvait lire à la rubrique nécrologique l’annonce suivante : « In memoriam, Carlos González Álvarez, 19 ans, mort entre le 14 et le 19 octobre 1934, en compagnie de nombreux compagnons socialistes et mineurs, lors des affrontements face à la colonne militaire envoyée depuis León par le général Franco, et sous le commandement du capitaine Rodríguez Lozano et d’autres officiers. »

 

 

Il est ici fait référence à l’insurrection des mineurs d’Asturies, qui survint deux ans avant la Guerre civile : sous l’égide de l’UGT de González Bueno, 30.000 hommes armés s’opposent au gouvernement. Pour réprimer l’émeute, on choisit un soldat sûr et compétent. Qui d’autre, sinon Franco ? Le général dirige depuis le palais de Buenavista la répression, avec l’aide de la Légion et des regulares indigènes. Franco forme sept colonnes, commandées par Yagüe, Solchaga, Sáenz de Buruaga, Aranda et Ayuso et se rend sans trop de peine maître des lieux. Mais à quel prix ! L’Armée a perdu 22 officiers, 25 sous-officiers et 173 soldats et compte 743 blessés et 46 disparus. Côté rebelles, c’est pire encore : 855 tués, 1.450 blessés, et non 14.000 comme l’ont écrit certains. Le gouvernement Lerroux, que Franco a sauvé, lui accorde en récompense la Grande croix du Mérite militaire et en février 1935 le nomme commandant en chef de l’armée du Maroc.

 

On apprend donc aujourd’hui, par une simple annonce nécrologique un brin provocatrice, que dans le camp de la répression, celui qui abattit au combat de simples mineurs, des ouvriers, du petit peuple de gauche, sans parler de la sale répression, se trouvait le grand-père du président Zapatero. L’icône républicaine vacille et de victime, elle passe au bourreau. Je prends les paris : en vertu du principe du cocotier, on ne devrait plus souvent entendre parler du fameux grand-père dans les mois à venir !

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Publié dans chalvidant

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